
La décision du président Félix Tshisekedi de renvoyer devant l’Assemblée nationale et le Sénat, pour une nouvelle délibération, la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum en République démocratique du Congo constitue, selon la coalition d’opposition Lamuka, « un petit pas dans la bonne direction ».
Dans une réaction parvenue à la presse ce vendredi, Prince Epenge, porte-parole de Lamuka, président d’ADD Congo et cofondateur de la Coalition C64, a pris acte de ce geste. Il le qualifie de pas « certes poussif, mais dans l’essence de l’apaisement ».
« La décision de M. Félix Tshisekedi de renvoyer la proposition de loi Ngondankoy au Parlement pour une seconde lecture est un petit pas dans la bonne direction. […] C’est au prix du sang et de la sueur que nous avons obtenu ce renvoi de la loi poison au Parlement », a déclaré Prince Epenge.
Il a cependant appelé la population à maintenir une vigilance accrue et à poursuivre la mobilisation à Kinshasa comme dans l’ensemble du pays. « Le combat pour le respect de la Constitution est encore entier et sera probablement long », a-t-il insisté.
S’adressant directement aux députés de l’Union sacrée, le leader de l’opposition les a invités à saisir cette opportunité pour « corriger le tir » et répondre aux aspirations du peuple congolais. Il leur a rappelé que la Constitution limite clairement les matières pouvant faire l’objet d’un référendum (transfert de la capitale, cession, échange ou jonction de territoires, ainsi que les pouvoirs souverains du peuple). « Limitez-vous à cela et le peuple reconnaîtra votre travail », a-t-il recommandé.
Prince Epenge a également vivement critiqué l’auteur de la proposition de loi, le député Paul-Gaspard Ngondankoy. Il lui a reproché d’avoir élaboré un texte qui, selon lui, a dépassé le cadre constitutionnel et n’a pu franchir le contrôle de la Cour constitutionnelle qu’avec des « béquilles interprétatives ». Il a appelé le parlementaire à tirer les conséquences de cet échec partiel.
Pour rappel, le Bureau de l’Assemblée nationale a annoncé jeudi que le chef de l’État avait saisi les présidents des deux chambres par une lettre datée du 10 août, conformément à l’article 137 de la Constitution. Cette demande fait suite à l’arrêt R.Const. 2695 du 28 juillet 2026 de la Cour constitutionnelle, qui avait déclaré la loi conforme sous réserve de la suppression, de la substitution et de la réécriture de certaines dispositions.La nouvelle délibération sera inscrite au calendrier de la session de septembre 2026 afin d’intégrer ces réserves.
Lamuka et la C64 maintiennent leur rendez-vous du 15 août pour évaluer la situation nationale, y compris les engagements des confessions religieuses autour d’un éventuel dialogue, et fixer le cap pour la suite.La question du référendum reste au cœur des tensions politiques entre le pouvoir et une partie de l’opposition.
Pascal Kwilu