Forum des as se fait l’écho des propos de Félix Tshisekedi à l’issue de son séjour de travail de quarante-huit heures effectué à Oyo, dans le Département de la Cuvette, en République du Congo, dimanche 5 juin.

En effet, au cours du point de presse animé conjointement au salon d’honneur de l’aéroport d’Ollombo, le Chef de l’Etat congolais a déclaré que la vocation hospitalière de la RDC ne peut pas être perçue comme une fenêtre d’opportunité par des pays voisins dans leur velléité de déstabilisation de la RDC.

« Il n’y a pas de doute, le Rwanda a soutenu le M23 pour venir agresser la RDC », a affirmé Félix Tshisekedi avant d’ajouter que la résurgence de ce mouvement armé défait en 2013 avec confiscation de son arsenal militaire, ne peut être que le fait du Rwanda dont le soutien lui apporté n’est plus qu’un secret de Polichinelle.

Tout en espérant que Kigali reviendra aux bons sentiments, le Président Félix-Antoine Tshisekedi a rappelé que la RDC est un havre de paix et qu’elle veut le demeurer, elle qui cherche, par tous les moyens, à balayer la vingtaine d’années de violence, d’exactions et de guerre qu’elle a endurée particulièrement dans sa partie Est.

Sous le titre : « Crise RDC – Rwanda : Félix Tshisekedi s’en remet à la sagesse du Président Denis Sassou N’Guesso », l’Agence congolaise de presse (ACP), rapporte que l’échange que Félix Tshisekedi et son homologue Sassou N’Guesso ont eu avec la presse de deux pays, a permis de lever un coin de voile quant au contenu du tête-à-tête que les deux Chefs d’États avaient eu la veille.

Se disant très affecté par la situation sécuritaire alarmante qui prévaut à l’Est de son pays sur fond d’affrontements entre les FARDC et le M23 soutenu par le Rwanda, le Président Félix Tshisekedi a, d’emblée, tenu à rappeler ses efforts de paix entrepris dans la région depuis son accession à la Magistrature suprême avec, à la clé, un message de paix envoyé à ses pairs. Rappelant également son credo, celui d’ériger «des ponts plutôt que des murs», le cinquième Président  de la RDC a, néanmoins, mis un bémol.

Le fait de vouloir la paix, la fraternité et la solidarité entre peuples de la région n’est pas en soi une faiblesse, a-t-il fait observer.

Les fins limiers du journal l’Avenir, ont eu un entretien à bâtons rompus avec Alain Atundu, ancien patron de renseignements et ambassadeur de la RDC au Rwanda sous le régime Mobutu.

Le focus était fait sur l’actualité du moment, dominée par l’agression de la Rdc par le Rwanda. Plusieurs questions lui ont été posées, notamment, que faire pour imposer la paix en Rdc ?

A cette question, Alain Atundu a soutenu qu’il faudrait que les instruments juridiques, diplomatiques fonctionnent en plein régime. « Il y a un groupe intérieur et l’autre venu de l’extérieur qui est venu troubler la paix. Et devant cette situation, le président de la République a pris la décision de décréter l’état d’urgence. Aujourd’hui, nous sommes en phase de l’état d’urgence, c’est-à-dire que les militaires qui gouvernent les régions concernées ont plus d’objectifs militaires qu’administratifs ou économiques. A partir du moment où les militaires seront en mesure d’inquiéter durablement et de façon constante les forces, soit de l’intérieur en les neutralisant, soit de l’extérieur, en les empêchant de venir, à ce moment-là, la paix sera comme une nécessité ou une déduction logique », a-t-il fait savoir .

Mr Atundu a laissé entendre qu’ « il faudrait que notre armée puisse atteindre tous ses objectifs, que notre leadership politique puisse atteindre tous ses objectifs politiques. Et ce, parce que dans cette turbulence qui dure plus de 20 ans avec des pointes de haute intensité, les agresseurs sont mélangés à nos populations, ils se présentent aussi comme la population, parce qu’il y a eu des phénomènes sociaux : mariages, relations, …Il faudrait que notre Etat-major pénètre d’abord la pensée stratégique du chef de l’Etat. Quand il dit état d’urgence, qu’est-ce que cela veut dire ».

Radiookapi.net annonce la reprise des combats tôt ce lundi 6 juin entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les terroristes du M23 dans la région de Runyonyi et Chanzu, territoire de Rutshuru (Nord-Kivu).

Selon le porte-parole des FARDC, le lieutenant-colonel Njike Kaiko, l’armée a répondu à la provocation de l’ennemi qui a lancé les hostilités vers 5 heures du matin, sur ses positions à Muhati.

Le lieutenant-colonel Njike Kaiko indique que l’armée maintient toujours ses positions de Muhati mais concentre ses efforts vers Runyonyi et Chanzu.

L’objectif est d’y déloger les rebelles, affirme le porte-parole.

Théodore Ngangu / digitalcongo.net