
Afin de repérer les nouveaux cas de personnes touchées par le virus Ebola, on prend la température des passagers de l'aéroport de Mbandaka, en République démocratique du Congo. Photo : AFP/Getty Images/Junior Kannah
Le gouvernement congolais a annoncé le démarrage, lundi, d'une campagne de vaccination contre le virus Ebola. Celle-ci se déroulera dans la province de l'Équateur, au nord-ouest de la République démocratique du Congo (RDC), et ciblera près de 600 personnes ayant eu des contacts directs ou indirects avec la maladie.
Environ 300 000 doses d'un vaccin expérimental ont été promises par des partenaires pour cette opération dont la durée n'a pas été déterminée, a-t-il indiqué.
Le gouvernement a de son côté réaffirmé avoir déjà reçu 5400 doses du vaccin contre l'Ebola.
Le gouvernement congolais s'est par ailleurs opposé à d'éventuelles « mesures d'isolement contre la RDC », exprimant sa pleine satisfaction « de la qualité et de la rapidité de la riposte ».

La lutte contre la sorcellerie comme remède
Selon des élus congolais, la lutte contre les croyances en sorcellerie constitue un des remèdes les plus efficaces à la propagation du virus Ebola.
« Pour enrayer la propagation de l'épidémie, il faut expurger de la tête des villageois que la maladie à virus Ebola est un mauvais sort jeté sur les villages », a déclaré à l'AFP le député Bavon N'Sa Mputu Elima, élu de Bikoro, à 600 km au nord de Kinshasa.
De nombreux villageois sont convaincus que cette épidémie est provoquée par la sorcellerie qui s'abat sur leurs villages.
Ebola, un « mauvais sort »
Cette idée est particulièrement répandue dans le nord de la RDC, alors que cette épidémie a été particulièrement signalée à Bikoro (200 000 habitants) et, à 100 km plus au nord, à Mbandaka, une ville de 1,2 million d'habitants.
« Ne sont contaminées par Ebola que des personnes qui sont visées par le mauvais sort jeté par des sorciers en colère. Si tu n'es pas concerné, il n'y a aucun souci à se faire », a répondu à l'AFP Mandela Bolunda, conducteur de taxi-moto à Mbandaka.
« Cette épidémie est un mauvais sort. C'est de la sorcellerie. Pour se protéger, il faut se tourner vers la prière », a déclaré, Albert Lokuli, fonctionnaire de l'État.
Des cas suspects de personnes présentant des symptômes de la maladie à virus Ebola sont régulièrement signalés dans les églises.
Pas une urgence de « portée mondiale », selon l’OMS
Vendredi, Kinshasa avait annoncé avoir activé un plan de riposte contre cette « épidémie de portée nationale ».
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait quant à elle considéré que l'épidémie ne constituait pas une urgence de « portée mondiale ».
Dans son dernier bilan vendredi, le gouvernement a déclaré avoir enregistré 43 cas alors que l'OMS faisait état le même jour de 45 cas, dont 25 décès.
Ces chiffres pourraient néanmoins augmenter. « Il y a lieu d'envisager de nouveaux cas », a reconnu le ministre Félix Kabange.
Neuf pays voisins de la RDC, dont le Congo-Brazzaville et la République centrafricaine, courent également un risque élevé de propagation, a précisé l'OMS.
La RDC en est à sa neuvième épidémie depuis que la maladie a fait son apparition sur son sol, en 1976.
La dernière épidémie en RDC remonte à 2017. Rapidement circonscrite, elle avait fait officiellement quatre morts.
Avec AFP/Radio Canada