Comme en témoigne Congo Libéré, Félix Tshisekedi, qui a prononcé un discours à la tribune de l'ONU à New York mardi 21 septembre 2021, n'est plus en odeur de sainteté auprès de l'administration américaine.

Alors que le chef de l’Etat congolais et son entourage manœuvrent pour s’arroger un second mandat et conserver le pouvoir au-delà de l’élection présidentielle de 2023, les Etats-Unis ont, ces derniers jours, multiplié les mises en garde.

En l’espace de quelques jours, plusieurs parlementaires américains ont pris publiquement la parole pour rappeler la nécessité de tenir des élections « inclusives, équitables et à bonne date » et fustiger ‘ »le processus de désignation chaotique du président de la CENI » ou encore « l’insupportable proposition de loi Tshiani ».

Selon Congo Libéré, le 14 septembre, c’est Chris Smith, un membre de la Chambre des représentants, qui a tiré la première salve. « Je suis extrêmement préoccupé par les mesures prises par le président congolais Félix Tshisekedi et ses alliés au Parlement pour neutraliser la Commission électorale nationale indépendante (CENI), limitant la capacité de l’Eglise et de la société civile à participer à cette commission », écrit l’élu républicain du 4ème district du New Jersey.

Le 18 septembre, le président de la puissante commission des Affaires étrangères de la chambre des Représentants, Michael McCaul, a enfoncé le clou.  » Les initiatives récentes tendant à interférer dans le processus de désignation de la CENI et à mettre de côté les communautés religieuses constituent un très inquiétant départ pour la période pré-électorale en RDC ». Et le sénateur McCaul de fustiger, lui aussi, la proposition de loi Tshiani envers laquelle il n’a pas de mots assez durs.

Elections « truquées »

Entre temps, le 16 septembre, l’interpellation musclée du correspondant de RFI à Kinshasa, Patient Ligodi, a créée l’émoi au sein de l’autre commission des Affaires étrangères du Parlement, celle du Sénat.

A preuve, le compte Twitter officiel de la commission a relayé le jour même la dépêche Reuters sur le sujet avec ce commentaire pour le moins explicite : « alors que les élections en RDC n’auront lieu que dans deux ans, personne n’a oublié le scrutin totalement truqué de (décembre) 2018.

Il est crucial que les prochaines élections en 2023 respectent les standards d’équité, de transparence et de crédibilité (…) ».

Ces sorties publiques de la part de parlementaires américains, qui disent tout haut ce que l’administration Biden pense tout bas, ne sont pas faites au hasard. Elles ont eu lieu à quelques jours de l’arrivée de Félix Tshisekedi aux Etats-Unis. Le président congolais est depuis arrivé à New York où il participe à la 76ème session ordinaire de l’assemblée générale de l’ONU.

Raymond Okeseleke /digitalcongo.net