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POLITIQUE

L'actualité Politique de la semaine en RDC

Le Rwanda a bien déployé des soldats dans l'est de la République démocratique du Congo. Kigali soutient les rebelles du M23, ce sont en tout cas les conclusions des experts des Nations unies sur la RDC dévoilées en milieu de semaine. Nous revenons sur le contenu de leur rapport avec notre invité, Christophe Lutundula, ministre des Affaires étrangères de la RDC.

Comment réagissez-vous au rapport de l’ONU sur la présence des soldats rwandais dans l’est du Congo et leur soutien au M23 ?

Ça ne nous surprend pas, c’est ce que nous avons toujours dit. Quiconque veut connaitre la vérité objective, elle est là. Ce qu’il reste à faire maintenant, c'est que le Conseil de sécurité examine le rapport et en tire toutes les conséquences en terme de sanctions, en terme d’accompagnement actif de la RDC pour éradiquer le cancer des groupes armés, accompagner les efforts de l’Union africaine, de la Communauté d’Afrique de l’Est et de la CIRGL, pour obtenir que le M23 se retire des localités occupées. Il reste aussi que l’Union africaine tire aussi les conséquences de ce rapport, il reste également que toutes les organisations sous régionale se comportent de la même manière. C’est dans ces conditions-là que ce rapport va servir comme il se doit et aider à mettre fin à  l’insécurité qui règne dans la région des Grands Lacs.

Vous attendez des sanctions de la part de la Communauté internationale, et si oui, quelles sanctions attendez-vous ?

Oui, des sanctions, autrement le rapport aurait servi à quoi ? S’il n’y a pas de sanctions, on crée un précédent fâcheux et la tentation sera toujours forte de suivre ce mauvais exemple. 

Est-ce que le Congo lui-même pourrait prendre des sanctions contre Kigali ?

Nous avons déjà suspendu la coopération et la mise en œuvre de tous les accords et ce qui est des engagements que nous avions pris. Nous n’avons pas l’intention de revenir sur des mesures qui sont déjà prises, parce que nos conditions de retour de la confiance ne sont pas réalisées. Dans tous les cas, la coopération avec un pays qui viole l’intégrité territoriale, la souveraineté de notre pays, ne peut se faire de n’importe quelle manière. Il faut que les conditions soient créées et je ne pense pas qu’aujourd’hui ces conditions s’apprêtent.

Vous pourriez aussi décider de prendre des mesures de rétorsion supplémentaire : renvoyer l’ambassadeur rwandais, rappeler votre propre ambassadeur à Kigali, renforcer les contrôles aux frontières, des mesures économiques… Est-ce que cela est en réflexion, est-ce que cela est possible ?

Tant que la situation perdure, tout est ouvert. Ce qui est fait est gravissime, aucun État ne peut admettre cela, ça, c'est clair.

Est-ce que vous attendez un message de la part de Kigali, des regrets par exemple ? Ou des excuses ?

Des excuses bien sûr ! Quand on a mal fait, il faut s’excuser, et surtout, il faut réparer. Réparer ici, c’est d’abord faire en sorte que tous ceux qui bénéficient du soutien du Rwanda pour perturber la RDC, tout acte de violation de notre intégrité territoriale, cessent définitivement. Cela est possible à n’importe quel moment, c’est au Rwanda de savoir ce qu’il veut. Pour notre part, nous continuerons à défendre l’intégrité territoriale. Le président Tshisekedi porte un grand intérêt à cette lutte-là et c’est pour ça qu’il a tendu une main fraternelle à tous nos voisins, le Rwanda, l’Ouganda, parce qu’on ne parle pas de l’Ouganda. Là aussi, il y a des réglages qu’il faut faire.

Justement oui, le rapport parle de la passivité des soldats ougandais laissant les militaires rwandais entrer au Congo sans réagir. Est-ce que l’Ouganda joue un double jeu selon vous ?

C’est clair, je n’ai pas la langue de bois ! La passivité est considérée aussi comme une attitude qui favorise, ce que nous déplorons. Il n’y a pas de neutralité dans ce type de comportement, soi-disant, de neutralité. Ce n’est pas admissible. Dans tous les cas, nous n’avons jamais voulu avoir des rapports conflictuels avec nos voisins, il faut qu’eux comprennent que ce que nous voulons, c’est le partenariat, c’est la paix, la sécurité.

Est-ce que vous demandez au président Ougandais Museveni de sortir de son ambiguïté dans cette affaire ?

Ça ne peut que servir à nous tous. L’ambiguïté, c'est comme la complicité par le silence ou l’indifférence.

Des négociations sont en cours avec le Rwanda, sous médiation de l’Angola, est-ce que le Congo peut négocier avec un pays qui refuse de reconnaitre notamment cette réalité prouvée par l’ONU ?

Le processus de Luanda a été engagé. Je pense que ce rapport doit être considéré comme un élément qui aide à la solution de la crise de confiance, qui aide à la solution de la crise sécuritaire que nous connaissons à l’est de notre pays. Nous demandons au président Lourenço de l’utiliser à bon escient. Nous demandons au Rwanda d’en tirer toutes les conséquences et de se comporter de manière à favoriser le retour de la confiance entre lui et la RDC. Le dialogue ne vaut que quand il y a confiance, quand on a créé ces conditions. Nous avons dit « il faut que le M23 quitte le territoire, nos localités qu’elle occupe, il faut que le Rwanda cesse d’apporter son soutien aux groupés armés et au M23, il faut que nous jouions cartes sur table et qu’on tienne compte absolument des intérêts du peuple congolais ». Si toutes ces conditions sont réunies, nous n’avons aucune raison de ne pas prendre langue avec les quelconques de nos voisins qui peut parler avec nous, c’est clair.

Le secrétaire d’État américain Anthony Blinken sera dans quelques jours à Kinshasa, puis à Kigali, qu’attendez-vous de lui et des Américains ?

Nous attendons qu’au-delà des déclarations, il y ait une application active de faire en sorte que plus jamais nous puissions avoir à parler encore des interférences dans les affaires intérieures du Congo et qu’il y ait une attitude plus positive, plus respectueuse de notre souveraineté et de notre intégrité territoriale. Je crois que les États-Unis ont un rôle à jouer pour le bien de notre partenariat.

Kinshasa a demandé la réévaluation du calendrier du retrait de la Monsuco, qu'entendez-vous par réévaluation ?

Nous avons conclu un programme de retrait progressif responsable. Maintenant, il y a eu des faits nouveaux, en tout cas à la demande politique forte des populations congolaises de voir la Monusco se retirer du territoire national et nous laisser assumer totalement nos responsabilités en tant que peuple et en tant que gouvernement. C’est légitime, donc la réévaluation devrait, en tenant compte de l’évolution de la situation actuelle, de la demande forte du retrait Monusco et du fait que la Monusco n’a pas pu être en mesure, en tout cas n’a pas eu peut-être comme ils disent les moyens d’accomplir toutes ses missions, nous avons convenu qu’elle se retire de la RDC d’ici au plus tard 2024. Et donc la réévaluation devait nous amener à reconsidérer cet échéancier dans le sens de l’écourter et de nous amener également à accélérer le processus du retrait de la Monusco pour que la RDC assume totalement les responsabilités dans la sauvegarde de l’indépendance nationale, l’intégrité du territoire et la souveraineté de notre pays. En tout cas pour nous le plus tôt serait le mieux.

Dans le rapport des experts de l’ONU, vous avez bien vu que la Monusco a fourni notamment des images de drones aux experts de l’ONU. La Monusco prouve ici son utilité, est-ce que ce n’est pas contradictoire de demander son départ ?

Ce n’est pas contradictoire, si cela avait été fait tôt, peut-être que ça nous aurait évité certaines conséquences que nous déplorons aujourd’hui. Ensuite le retrait de la Monusco, c’est dans l’ordre normal des choses. Il n’y a pas une crise entre la RDC et les Nations unies. Donc il n’y a pas à dramatiser, c’est dans l’ordre normal et vous savez que dans d’autre pays à travers le monde et l’Afrique, on a eu à un moment donné à réclamer que l’on assume nos responsabilités sur le plan national.

 

Rfi

 

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