Imprimer

Depuis le début de la vague actuelle, fin 2025, les autorités angolaises poursuivent les opérations de refoulement massif de ressortissants congolais en situation irrégulière, principalement ceux impliqués dans l’exploitation minière artisanale illégale des diamants dans les provinces frontalières comme la Lunda-Nord.
 
Selon des sources locales et des médias congolais fiables tels qu’Actualite.cd et Netic-news, datées du 19 février 2026, plus de 1 472 Congolais ont été recensés à leur arrivée au poste frontalier de Tembo, dans le territoire de Kasongolunda (province du Kwango, RDC), entre novembre 2025 et mi-février 2026. Ce chiffre représente une nette augmentation par rapport aux plus de 500 personnes signalées au début de cette période.La répartition des arrivants inclut 1 025 hommes, 319 femmes, 87 filles et de nombreux enfants en bas âge. Parmi eux, une vingtaine de femmes enceintes ont été identifiées, arrivant souvent dans un état de grande vulnérabilité.
 
Ces refoulements s’inscrivent dans une pratique récurrente depuis plusieurs années (opérations comme « Transparence » en 2018, vagues en 2023-2024, et reprise accentuée fin 2025). Les autorités angolaises justifient ces mesures par la nécessité de lutter contre l’immigration clandestine et l’exploitation illégale des ressources minières.Du côté congolais, les témoignages font état de conditions d’expulsion souvent qualifiées d’inhumaines : absence totale d’assistance, dénuement (arrivées sans vêtements, chaussures ni effets personnels), rapports de violences physiques, et retours sans moyens de subsistance. La commune rurale de Tembo fait face à une crise humanitaire croissante, avec une pression accrue sur les communautés frontalières déjà fragiles du Kwango et des provinces voisines.
 
L’Assemblée provinciale du Kwango a appelé au renforcement de la sécurité à la frontière et à une meilleure prise en charge des refoulés, dénonçant le manque d’assistance humanitaire suffisante. Bien que cette vague ne atteigne pas encore l’ampleur de la crise de 2018 (plus de 400 000 expulsés en quelques mois), la situation s’aggrave progressivement et génère des tensions silencieuses à la frontière. Aucune déclaration officielle conjointe récente entre Kinshasa et Luanda n’a été rapportée sur une éventuelle suspension ou négociation spécifique de ces flux, malgré les relations diplomatiques maintenues entre les deux pays (notamment sur la médiation angolaise dans l’est de la RDC).
 
Pascal Kwilu