
À Kinshasa, la capitale congolaise suffoque sous un désordre urbain devenu chronique. Autour du nouveau grand marché central, communément appelé Zando, s’étend un paysage d’insalubrité alarmante : tas d’immondices, avenues transformées en dépotoirs à ciel ouvert, trottoirs envahis par les étalages sauvages et caniveaux bouchés. Le président Félix Tshisekedi s’est rendu sur place le samedi 23 mai 2026 pour constater de visu la situation, exprimant une vive irritation face à l’ampleur du chaos.
Le nouveau marché Zando, fruit d’un partenariat public-privé lancé en 2021, se présente comme un joyau architectural moderne avec ses pavillons ultramodernes, entrepôts et milliers d’étalages. Pourtant, il reste obstinément fermé, tandis que les abords sont envahis par le commerce anarchique et les déchets. Malgré les instructions présidentielles de 2025 pour dégager les axes d’accès (avenues du Plateau, de l’École, Rwakadingi, etc.), les vendeurs pirates ont repris possession des lieux, annulant en grande partie les efforts d’aménagement.
Le chef de l’État a dénoncé ce déficit d’autorité, pointant du doigt la gestion provinciale et la persistance des occupations illégales. Des voix évoquent même la possible réquisition de l’armée pour rétablir l’ordre. Au-delà des ordures, c’est tout le système d’assainissement qui pose problème : absence d’évacuation efficace des eaux et des déchets dans un marché censé accueillir jusqu’à 50 000 personnes par jour. Cette visite présidentielle met en lumière les contradictions d’une capitale en pleine transformation : des infrastructures modernes côtoient une insalubrité persistante qui menace la santé publique et l’image de Kinshasa. Des opérations de dégagement et de démolition des emprises publiques ont été annoncées, mais la population attend des solutions durables face à ce fléau quotidien.
Pascal Kwilu