
L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), causée par le virus Bundibugyo, se propage effectivement plus rapidement que toutes les précédentes épidémies enregistrées dans le pays, comme l’a alerté l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Cette situation, confirmée mi-juillet 2026, est particulièrement préoccupante : avec plus de 2 000 cas confirmés et près de 800 décès, elle constitue la troisième plus grande épidémie d’Ebola jamais enregistrée et la plus importante pour cette souche spécifique.
L’épidémie a débuté en mai 2026 dans la province d’Ituri, autour de Mongbwalu, avant de s’étendre à plusieurs autres provinces comme le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et le Tshopo. Des cas importés ont également été signalés en Ouganda, en France et aux États-Unis chez un travailleur humanitaire. Selon l’OMS, 80 % des nouveaux cas proviennent de chaînes de transmission inconnues, ce qui rend le traçage des contacts extrêmement difficile. De nombreux décès surviennent dans les communautés, sans accès aux structures de santé, et les modélisations estiment que l’ampleur réelle de l’épidémie pourrait être deux à quatre fois supérieure aux chiffres officiels en raison des sous-déclarations liées aux conflits et à l’insécurité.
Ce rapide essor s’explique par un contexte particulièrement complexe : crises humanitaires persistantes, conflits armés impliquant divers groupes, déplacements massifs de populations, zones densément peuplées et hubs commerciaux ou miniers favorisant la circulation du virus. À cela s’ajoute l’absence de vaccin ou de traitement spécifique approuvé pour le Bundibugyo, contrairement à la souche Zaïre plus courante. L’OMS décrit la situation comme « un feu » qui grandit rapidement, avec une croissance record observée en un seul mois.
Malgré ces défis, la riposte internationale s’intensifie sous la coordination de l’OMS et des partenaires locaux et internationaux. Elle inclut le renforcement de la surveillance, du traçage des contacts, la mise en place de centres de traitement, l’engagement communautaire et la préparation transfrontalière. Des essais thérapeutiques sont en cours et l’Ouganda a presque maîtrisé ses cas importés. Le risque international reste faible pour la plupart des pays, mais une vigilance accrue est recommandée pour les voyageurs en provenance des zones affectées. Cette épidémie nécessite un soutien continu de la communauté internationale pour être contenue efficacement. Pour les informations les plus récentes, il est conseillé de consulter les sources officielles de l’OMS.
Magloire Kibau