
L’urbanisation de la ville de Kinshasa et sa croissance démographique sont en inadéquation. Le constat est de J.C Maurin, directeur de l’Agence Française pour le Développement (AFD), dans une étude sur l’urbanisation des villes de la RDC parvenue mardi à l’ACP.
Selon cet expert, le taux de croissance démographique de Kinshasa évolue actuellement à une vitesse fulgurante avec un taux de fécondité moyenne de 3 % l’an, tandis que l’espace habitable se détériore de plus en plus à la suite des constructions anarchiques et des érosions qui couvrent la majeure partie de la ville.
Avec une telle projection, la population kinoise pourra avoisiner près d’un milliard en 2100, tandis que son territoire plus petit et désurbanisé ne saura pas supporter ce poids démographique. La ville de Kinshasa pourrait, selon les conclusions de cette étude, devenir la Chine de l’Afrique avec une croissance démographique démesurée par rapport à son étendue quatre fois plus petit et ses habitants contraints de résider pour la plupart dans des bidonvilles.
A ce rythme, l’Etat congolais est appelé à fournir un peu plus d’effort au niveau de l’urbanisme et du développement démographique pour éviter que la ville ne sombre les 10 prochaines années, dans une impasse. Face à ces défis, l’AFD et la ville de Kinshasa, avec d’autres institutions internationales comme la Banque Mondiale, l’Union Européenne et l’Agence japonaise pour la coopération internationale (JICA), travaillent ensemble pour trouver des solutions appropriées.
Cette ville, est en pleine transformation, a dit M. Maurin, indiquant qu’il est indispensable d’encadrer les initiatives privées et publiques pour assurer un équilibre et donner à la ville un aspect moderne. C’est dans cette perspective, a-t-il ajouté, que l’organisme Schéma d’Orientation Stratégique de l’Agglomération Kinoise (SOSAK) apporte son concours en tant qu’un instrument essentiel pour planifier et structurer le développement global de cette capitale.
Le SOSAK a présenté fin aout 2014 un schéma identifiant les zones d’extension de la ville, les zones à fonctions particulièrement, les zones inconstructibles, ainsi que la localisation des grands équipements, infrastructures et investissements nécessaires à l’accompagnement de ces développements.
ACP/FNG/JGD