
Bien que n’étant pas inscrit dans la loi des lois de la République Démocratique du Congo, à savoir, la constitution, l’article 15 qui stipule que chacun doit se débrouiller est d’application depuis des lustres au Congo-Kinshasa. Les aléas de la vie obligent ! C’est l’illustre musicien congolais Pépé Kalé qui, pour la première fois, l’avait avec sa superbe voix scandé dans une de ses mélopées. Et, pourtant, dans l’esprit des congolais, zaïrois à l’époque, la chose était déjà d’application. Plus fermement, avec le film la vie est belle où le regretté Jules Shungu Wembadio alias Papa Wemba a tenu un rôle phare, cette maxime a fait école. Des années après, les congolais, en général, les Kinois, en particulier, s’inscrivent jusqu’à ce jour dans la démarche de la débrouillardise quotidienne, afin de vivre ou, mieux, de survivre. Ainsi, ce phénomène est aujourd’hui toujours à la mode. Et, dans cette quête, tous les métiers sont bons. D’où, les Kinois se muent à volonté selon que les opportunités se présentent en professionnels de divers domaine ou ‘’Coop ‘’, c’est-à-dire, affaire. Cordonniers, cireurs des souliers, vendeurs ambulants d’articles variés, chauffeurs, motards, receveurs, vendeurs aux marchés, boutiques, pharmacies et autres établissements…se compte par milliers dans la Ville-Province de Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo. D’autres, moins travailleurs s’adonnent, à volonté à ce qu’ils appellent le ‘’matolo ‘’ comprenez : ‘’la mendicité made in kin‘’. Où, la demande se fait après des louanges. Plusieurs vedettes de la télé, de la musique, des personnalités politiques et quelques mécènes sont ciblés par ces derniers. Il existe aussi, à Kin La Belle, une autre manière de se débrouiller, d’une façon amorale. Il s’agit du crime. Là, Kuluna, shekula, pustura, et autres inciviques dont le nom indique le modus operandi s’illustrent tristement en maître, au grand dam de la population qui en paie les pots cassés. Questionné sur la problématique de la débrouillardise et du fameux article 15, un notable s’est confié en La Prospérité en ces termes : ‘’Tout ceci montre la clochardisation de l’économie et la paupérisation des citoyens congolais, depuis des années par les gouvernants. La population est oubliée. Le chômage grimpe, les travailleurs n’ont pas d’amélioration effective des salaires alors que la vie, elle, coûte de plus en plus cher‘’. Qui plus, poursuit-il, ‘’quoique les gouvernements et les régimes au Congo-Kinshasa aient changé plus d’une fois, la situation du congolais n’a nullement bougé d’un iota vers une amélioration. Plutôt, arguent-il, elle se serait, sensiblement dégradée. Cela, même si les exécutifs qui se sont succédé ont pu marquer les points sur d’autres secteurs de la vie nationale. Des mesures urgentes doivent être prises pour améliorer le social et garantir à la jeunesse actuelle, un meilleur sort, conclu-t-il. Qui dit mieux ?
Jessica Bukasa /la prospérité