
ADF-Nalu
Les rebelles ougandais de Joseph Koni, chef de la LRA, continuent à sévir sans pitié dans les provinces du Haut et du Bas-Uélé, dans l’ex-Province Orientale. Hier, ils ont encore frappé dans le Bas-Uélé (Buta), sur la nationale N°5 qui relie les deux nouvelles provinces dans le voisinage de l’agglomération de Bondo. Selon des sources militaires locales, les hommes de la LRA ont mortellement tendu une embuscade à un convoi des motocyclistes des FARDC.
Le premier groupe des deux motocyclistes de l’armée est tombé dans cette embuscade. Après coup, les rebelles ougandais ont pris en otage sept civils qu’ils ont traînés par la force des armes dans la forêt environnante. C’est sur ces entrefaites qu’est arrivé le deuxième groupe de motocyclistes des FARDC composé de quatre militaires.
Ceux-ci se sont tout de suite lancés aux trousses des rebelles ougandais de la LRA. On parle des combats d’une rare violence à l’issue desquels les FARDC ont eu le dessus et libéré sains et saufs les 7 civils otages des rebelles de Joseph Koni. Des scènes d’attaques et de prises d’otage par la LRA sont légion dans toute cette contrée où cette rébellion est encore active et opérationnelle.
Très souvent, elle attaque des villages entiers, les pillent de fond en comble et prennent en otage des personnes valides pour le transport du butin. Sur place, des observateurs soutiennent que ces attaques des rebelles de la LRA constituent une sérieuse hypothèque pour l’enrôlent des électeurs et même les élections elles-mêmes.
La LRA demeure un défi qu’il faut relever à court terme. Même si, depuis quelque temps, ce groupe rebelle étranger, parmi les plus cruels de la région des Grands lacs a vu fondre comme neige au soleil, sa capacité initiale de nuisance face aux armées nationales. Mais il garde bien intacte toute sa dangerosité contre les populations civiles sans armes. Et là, justement, de petites unités infiniment réduites mais très mobiles, sont à l’œuvre pour semer la terreur partout où elles opèrent, comme hier sur la route de Bondo.
Cela fait 30 ans que la LRA du sinistre seigneur de guerre Joseph Koni opèrent à l’Est de la RDC, en RCA et au Sud-Soudan. Elle s’est plus particulièrement distinguéé dans des atrocités innommables sur les civils. Au début, leurs zones de prédilection en Ouganda, étaient des entités rurales où ils ont commis des ravages en termes de tueries et d’enlèvements des enfants de 10 à 14 ans pour servir dans leur armée rebelle. La CIA dénombre leurs victimes à 100.000 tués en Ouganda, en RDC et en RCA.
Pour les USA, la rébellion de Joseph Koni constitue une menace sérieuse à la sécurité internationale. C’est ainsi que Washington a mis tous les moyens militaires en œuvre pour la capture de Joseph Koni. A ce sujet, une unité d’élite anti-terro hyper entrainée composée de 200 GI (des Rangers américains) est déployée en RCA avec des moyens de renseignements sophistiqués pour la traque du chef de guerre Joseph Koni qui continue à se cacher jusqu’à ce jour entre la RCA et le Sud-Soudan.
Par ailleurs, la CIA offre une cagnotte de 5 millions Usd payés rubis sur l’ongle pour toute information pouvant conduire à sa capture. Mais ce criminel de guerre ougandais continue de courir et d’échapper à la nasse de l’armée la plus puissante du monde. Malgré tout, fin 2016, Washington avait retiré son unité d’élite pour la traque de Joseph Koni basée en RCA. Les stratèges militaires américains estiment que la LRA qui a perdu sa capacité opérationnelle n’est plus une menace à la sécurité internationale. Ce qui veut dire que les armées nationales menacées par cette rébellion doivent affûter les armes pour combattre ses poches résiduelles qui, elles, sont très nombreuses.
KANDOLO M./ forum des as