
Le ministre congolais des Sports et Loisirs, Didier Budimbu, a fermement défendu le partenariat de sponsoring conclu entre la République démocratique du Congo (RDC) et l’AS Monaco, face à des accusations de corruption, détournement de fonds publics et blanchiment relayées par la presse française. Dans un message posté sur X le 19 février 2026 et repris par son cabinet dans un communiqué, il a affirmé : « Notre intégrité est totale, nos procédures sont transparentes et validées par le gouvernement de la République ». Il a insisté sur le fait que « rien ne détournera l'attention » de l'objectif du partenariat, qui vise à promouvoir l’image de la RDC à l’international via le football.Ce contrat, signé en juin 2025 et intitulé « R.D. Congo, Cœur de l’Afrique », porte sur un montant total de 4,8 millions d’euros sur trois ans (soit environ 1,6 million d’euros par an).
Il prévoit une visibilité importante pour la marque pays : le logo et le slogan apparaissent sur la manche du maillot principal de l’AS Monaco en Ligue 1 et en Ligue des champions (dès la saison 2025-2026), ainsi que sur les maillots des équipes de l’académie (U19, U17, etc.). L’objectif officiel est de renforcer la promotion touristique, culturelle et sportive de la RDC, tout en ouvrant des opportunités de formation pour de jeunes footballeurs congolais.Cependant, ce partenariat est au cœur d’une controverse judiciaire depuis septembre 2025. Une plainte a été déposée à Paris auprès du Parquet National Financier (PNF) pour « corruption », « détournement de fonds publics » et « blanchiment ». Le PNF a transmis le dossier au parquet général de Monaco, qui l’a enregistré comme une procédure officielle. Les critiques portent notamment sur l’opacité supposée de la procédure d’attribution, l’absence de contrepartie claire pour les fonds publics congolais, et la traçabilité des paiements dans un contexte où la RDC fait face à des priorités humanitaires et sécuritaires urgentes (crise à l’Est, etc.).
Certains observateurs et plaignants estiment que le contrat n’a pas respecté les normes de décaissement budgétaire de l’État congolais.Le ministère des Sports a réagi vigoureusement, contestant « avec la plus grande fermeté toute allégation de détournement de fonds, de blanchiment ou de corruption ». Il précise que le partenariat a été « validé par les instances gouvernementales compétentes » et mis en œuvre « dans le strict respect des règles financières, contractuelles et budgétaires en vigueur ». Selon Kinshasa, la transmission du dossier par le PNF relève d’une procédure administrative et non d’une mise en examen ou d’une ouverture judiciaire formelle.Cette affaire s’inscrit dans une stratégie plus large du gouvernement congolais sous Félix Tshisekedi, qui a conclu des partenariats similaires avec d’autres grands clubs européens (FC Barcelone, AC Milan) pour un investissement total dépassant les 100 millions d’euros, visant à booster l’image du pays. Mais elle suscite des débats intenses en RDC, où des voix de l’opposition et de la société civile dénoncent un gaspillage de ressources publiques au profit d’une communication luxueuse.
Nadine Kibau