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Hier, le 6 mai 2026, le président Félix Tshisekedi a enfin rompu son long silence médiatique en tenant une conférence de presse au Palais de la Nation. Présentée comme un exercice de transparence en marge de la Journée internationale de la liberté de la presse, cette sortie s’est vite révélée être une opération politique savamment orchestrée pour préparer le terrain à un troisième mandat. Derrière les formules ronflantes et les promesses réchauffées, c’est une véritable menace pour l’ordre constitutionnel qui s’est dessinée.
 
Dès les premières minutes, le chef de l’État a lâché la phrase qui restera dans les annales : « Je n’ai pas sollicité le troisième mandat. Mais si le peuple le veut, j’accepterai ». Une déclaration en apparence humble, mais qui masque mal une stratégie classique de contournement démocratique. En invoquant la « volonté populaire » et un éventuel référendum, Tshisekedi tente de légitimer ce que la Constitution interdit formellement. Comme l’a justement rappelé l’opposant Claudel André Lubaya : « Aucune disposition de la Constitution ne permet de violer sa lettre au nom d’une prétendue volonté populaire ». L’article 220 verrouille pourtant le nombre de mandats, et l’article 218 encadre strictement toute révision. Invoquer le peuple pour piétiner la loi fondamentale, c’est exactement le genre de rhétorique qui a servi de prétexte à tous les glissements constitutionnels en Afrique.
 
Le président a par ailleurs conditionné la tenue des élections de 2028 à la pacification totale de l’Est. Autrement dit : pas de paix, pas de scrutin. Ce lien direct entre sécurité et calendrier électoral constitue un dangereux précédent. Il offre au pouvoir une excuse toute trouvée pour reporter indéfiniment le verdict des urnes, sous couvert de « responsabilité ». Pendant ce temps, la crise humanitaire dans le Kivu continue de faire des millions de déplacés, et la voie diplomatique défendue par Tshisekedi apparaît de plus en plus comme une politique d’impuissance face au M23 et aux groupes armés.
 
Sur le plan économique, le président a vanté la hausse des salaires des fonctionnaires et des forces de l’ordre, la revisitation des contrats chinois et quelques projets d’infrastructures. Chiffres à l’appui, il a tenté de dresser un bilan flatteur. Pourtant, la réalité reste cruelle : la pauvreté de masse persiste, le coût de la vie explose et les inégalités se creusent. Ces « avancées » sonnent comme des mesurettes conjoncturelles destinées à calmer la rue plutôt qu’une véritable vision de développement.
 
En somme, cette conférence de presse n’était pas celle d’un chef d’État rendant des comptes. C’était celle d’un homme politique en campagne pour se maintenir au pouvoir. En jouant sur la corde populiste tout en testant les limites constitutionnelles, Félix Tshisekedi envoie un message clair à l’opposition et à la communauté internationale : il n’est pas prêt à quitter le fauteuil en 2028. Reste à savoir si les Congolais, et surtout les institutions, accepteront ce nouveau tour de passe-passe. L’histoire récente du continent montre malheureusement que, trop souvent, la « volonté du peuple » invoquée par les présidents en place n’est que le masque de leur volonté de rester.
 
Claude Mavulu / Rédacteur en chef adjoint 

 

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