Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a contesté les allégations de disparitions forcées à Kinshasa formulées par Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié le 10 mars 2026.Intitulé « Vague de disparitions forcées à Kinshasa », le document de l’ONG accuse les forces de sécurité congolaises d’être responsables de nombreuses disparitions forcées dans la capitale et ses environs depuis mars 2025. HRW affirme avoir documenté au moins 17 cas de personnes victimes de disparition forcée ou portées disparues au cours de l’année écoulée, avec des témoignages crédibles sur d’autres cas supplémentaires.
L’organisation pointe du doigt le Conseil national de cyberdéfense (CNC), un organe rattaché à la présidence, utilisé selon elle comme mandataire pour procéder à des arrestations arbitraires et à des détentions secrètes d’opposants politiques ou de personnes soupçonnées de soutenir des groupes armés dans l’est du pays, notamment l’AFC/M23.HRW rapporte que de nombreuses arrestations ont eu lieu de nuit, sans mandat judiciaire, et que certaines victimes ont été retrouvées des mois plus tard dans des installations du CNC. Entre juillet 2025 et mars 2026, l’ONG a interrogé plus de 34 personnes, dont neuf anciens détenus du CNC et onze proches de disparus. Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à HRW, a déclaré : « Au cours de l’année passée, les forces de sécurité congolaises ont secrètement arrêté et détenu des personnes pour des motifs fallacieux au cœur de la capitale. »L’organisation exhorte les autorités à rendre compte publiquement du sort des disparus, à garantir l’accès des détenus à leurs familles et avocats, et à ouvrir une enquête indépendante sur les activités du CNC.En réponse, le gouvernement congolais a fermement contesté ces allégations, qualifiant le rapport de HRW de partial et non fondé.
Des sources officielles ont indiqué que les opérations sécuritaires visaient exclusivement des menaces liées à la cybersécurité, au terrorisme ou au soutien à des groupes armés illégaux, et non des persécutions politiques. Kinshasa accuse l’ONG de relayer des informations biaisées sans preuves suffisantes et de ne pas prendre en compte le contexte sécuritaire national, marqué par le conflit dans l’est et les ingérences extérieures.Cette controverse s’inscrit dans un climat tendu, avec des restrictions persistantes sur l’espace civique et médiatique en RDC, et des accusations récurrentes de violations des droits humains tant par les forces gouvernementales que par les groupes armés. La situation reste évolutive, avec des appels internationaux à une enquête impartiale pour clarifier les faits.
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