Dans un entretien exclusif accordé à un média belge et relayé largement ce lundi 23 mars 2026, l’ancien président Joseph Kabila (au pouvoir de 2001 à 2019) a multiplié les critiques acerbes contre le régime actuel de Félix Tshisekedi, qu’il accuse d’avoir installé une « dictature » en RDC. Joseph Kabila dénonce un « coup d’État institutionnel », une « ivresse du pouvoir sans limite », une « tyrannie » où « la justice a démissionné » et où les élections sont devenues un « simulacre ».
Il qualifie Félix Tshisekedi de « va-t-en-guerre » et reproche au pouvoir actuel une politique étrangère faite de « jérémiades et de mendicité », ainsi qu’une concentration excessive des leviers de l’État entre les mains « d’un seul homme ». Surtout, l’ex-chef d’État appelle à un changement radical : « Il faut balayer ce système », a-t-il déclaré sans ambiguïté. Il estime qu’il est nécessaire de « changer la classe politique » et que le peuple congolais peut se prendre en main pour opérer ce renouvellement. Il invoque implicitement l’article 64 de la Constitution, qui autorise les citoyens à s’opposer par tous les moyens à quiconque tenterait de s’approprier le pouvoir par des moyens anticonstitutionnels – un article souvent brandi par l’opposition contre tout projet de révision constitutionnelle.Cette sortie intervient dans un contexte particulièrement tendu : débat sur une possible révision de la Constitution de 2006 (pour permettre un troisième mandat à Tshisekedi ?), guerre persistante à l’Est avec le M23/AFC, accusations de dictature croissantes de la part de l’opposition (Katumbi, Fayulu, Sesanga, Mukwege), et revirements au sein de la majorité présidentielle (Kamerhe, Bahati). Kabila, qui a longtemps gardé un profil bas depuis son départ du pouvoir et son exil partiel, signe ici l’une de ses interventions les plus dures depuis des années.
Le parti de Kabila, le PPRD (FCC), reste marginalisé politiquement, mais cette déclaration pourrait galvaniser une frange de l’opposition et accentuer les divisions. Pour l’instant, aucune réaction officielle de la présidence ou du gouvernement n’a été enregistrée, mais le porte-parole Patrick Muyaya a récemment appelé à l’unité nationale face aux priorités sécuritaires. La classe politique congolaise semble plus fracturée que jamais à l’approche des échéances électorales de 2027-2028.
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