Réagissant aux déclarations du président Félix Tshisekedi lors de sa conférence de presse des 6 et 7 mai 2026, Martin Fayulu, leader de l’ECiDé et figure de proue de la coalition Lamuka, accuse le chef de l’État d’instrumentaliser la persistance de la guerre dans l’Est de la République démocratique du Congo comme prétexte pour retarder ou remettre en cause les élections générales prévues en 2028. Tshisekedi avait en effet affirmé que sans la fin du conflit et la récupération des territoires occupés, il serait impossible d’organiser des scrutins crédibles dans tout le pays. Pour Fayulu, cette déclaration révèle une manœuvre politique délibérée visant à justifier un éventuel glissement du calendrier électoral ou une révision constitutionnelle permettant à Tshisekedi de se maintenir au pouvoir au-delà de son deuxième mandat.
Le président de l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé) estime que le véritable problème ne réside ni dans la Constitution ni dans la situation sécuritaire elle-même, mais dans la volonté présumée du régime en place de s’éterniser au pouvoir en exploitant la crise humanitaire et militaire qui frappe l’Est. Il dénonce une stratégie de distraction qui consiste à utiliser la souffrance des populations de l’Est pour contourner les dispositions constitutionnelles sur la limitation des mandats présidentiels. Dans la foulée, Martin Fayulu a annoncé la tenue d’une conférence de presse ce vendredi 8 mai 2026 à 13 heures au siège national de son parti à Kinshasa (Kasa-Vubu), au cours de laquelle il devrait développer davantage sa position et répondre point par point aux arguments présidentiels.
Cette sortie s’inscrit dans une vague de critiques virulentes de l’opposition, aux côtés de Jean-Marc Kabund, Joseph Olenghankoy et d’autres acteurs qui jugent le débat sur la révision constitutionnelle inopportun et dangereux dans le contexte actuel de crise sécuritaire, humanitaire et institutionnelle. Fayulu continue de plaider pour le strict respect de la Constitution de 2006, la restauration effective de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national et l’organisation d’élections libres, transparentes et apaisées en 2028, sans aucun report justifié par des prétextes sécuritaires qu’il juge manipulés. Cette accusation de Fayulu accentue encore davantage la polarisation politique autour de la question du troisième mandat et du futur calendrier électoral, dans un climat déjà très tendu au sein de la classe politique congolaise.
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