
La République Démocratique du Congo et la République Populaire de Chine ont franchi une nouvelle étape importante dans leur partenariat stratégique pluridimensionnel. Le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières, Jacquemain Shabani, a signé à Pékin un accord majeur de coopération policière avec son homologue chinois, le Conseiller d’État et Ministre de la Sécurité Publique, Wang Xiaohong.
Cet accord de coopération policière, aux enjeux stratégiques élevés, vise à renforcer substantiellement les capacités opérationnelles de la Police Nationale Congolaise (PNC) à travers l’assistance technique, la formation, l’équipement et l’échange de renseignements avec les forces de sécurité chinoises. Il intervient dans un contexte où la sécurisation du secteur minier et la protection contre les menaces numériques constituent des priorités nationales pour le gouvernement congolais.
Parmi les domaines prioritaires couverts par cet accord figurent la lutte contre la criminalité organisée, la répression de la fraude et de l’exploitation illégale des ressources minières, ainsi que le renforcement de la cybersécurité. Dans un pays où le secteur extractif représente la principale source de recettes budgétaires, la protection des sites miniers contre la contrebande, l’exploitation artisanale illégale et les groupes armés est devenue un impératif économique majeur. Chaque année, des centaines de millions de dollars échappent au Trésor public à cause de ces activités illicites. Grâce à cet accord, la Chine mettra son expertise reconnue et ses technologies avancées au service de la PNC pour mieux sécuriser les chaînes d’approvisionnement des minerais stratégiques tels que le cobalt, le cuivre, le lithium, le coltan et l’or.
Parallèlement, la coopération dans le domaine de la sécurité numérique arrive à point nommé. Face à la recrudescence des cyberattaques, des escroqueries en ligne et des menaces hybrides, la RDC bénéficiera d’un transfert de savoir-faire chinois dans la surveillance, la détection précoce et la riposte aux incidents cybernétiques, un domaine dans lequel Pékin figure parmi les leaders mondiaux.
Cet accord s’inscrit dans la continuité du partenariat global entre Kinshasa et Pékin, principal partenaire économique et financier de la RDC. Il complète les nombreux projets déjà engagés dans les infrastructures, les mines, l’énergie et le développement agricole. Pour les autorités congolaises, il s’agit de moderniser l’appareil sécuritaire intérieur afin de créer un environnement plus stable, plus attractif pour les investisseurs étrangers et plus protecteur des intérêts nationaux.Concrètement, l’accord prévoit la formation des policiers congolais aux techniques les plus avancées, le partage d’expériences et de renseignements en temps réel, la fourniture d’équipements adaptés aux défis spécifiques du pays, ainsi que le renforcement de la coopération judiciaire et transfrontalière. Les provinces minières, particulièrement le Lualaba, le Haut-Katanga et certaines zones de l’ex-Kasaï, devraient être parmi les premières bénéficiaires de cette nouvelle dynamique sécuritaire.
Le Vice-Premier Ministre Jacquemain Shabani a qualifié cette signature de « pas décisif » dans la modernisation de la sécurité intérieure congolaise et dans la préservation des richesses nationales. De son côté, la partie chinoise a réaffirmé son engagement à accompagner la RDC dans ses efforts de stabilisation et de développement.Avec cet accord de coopération policière, la RDC et la Chine démontrent une fois de plus leur volonté de bâtir un partenariat mutuellement bénéfique qui va bien au-delà des aspects purement économiques pour toucher directement à la stabilité, à la souveraineté et à la protection des ressources stratégiques du pays. Ce nouvel instrument renforce la position de la RDC dans sa quête de sécurité et de développement durable, tout en consolidant les liens historiques et stratégiques avec la République Populaire de Chine. Un nouveau chapitre s’ouvre ainsi dans la sécurisation du secteur minier et dans la protection du cyberspace congolais face aux défis du XXIe siècle.
Nadine Kibau
Application de CComment' target='_blank'>CComment