Le parti présidentiel UDPS a fermement rejeté samedi les accusations portées par l’opposition selon lesquelles des éléments de la « Force du progrès », mouvement de jeunes proches du parti, auraient participé aux violences lors de la dispersion du sit-in organisé vendredi par la coalition C64 devant le Palais du Peuple.
Dans un communiqué, le secrétaire général de l’UDPS a contesté toute implication de cette structure dans les affrontements qui ont émaillé la manifestation de l’opposition contre un éventuel changement de la Constitution. Il a qualifié ces accusations d’infondées et destinées à discréditer le parti présidentiel et les forces de l’ordre. Selon le parti au pouvoir, les violences observées seraient exclusivement le fait de provocations de certains militants de l’opposition, tandis que la police n’aurait fait que rétablir l’ordre public face à un rassemblement non autorisé.
Cette réaction intervient au lendemain d’une journée marquée par des échauffourées à Kinshasa. La coalition C64, regroupant notamment Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund, avait maintenu son sit-in malgré l’interdiction des autorités provinciales. Des gaz lacrymogènes, des jets de projectiles et des affrontements ont été signalés, faisant plusieurs blessés, dont des leaders de l’opposition. Des témoins et des organisations de défense des droits humains ont accusé des individus se réclamant de la Force du progrès d’avoir attaqué des sièges de partis d’opposition en marge de l’intervention policière.
De son côté, l’opposition maintient que la répression était orchestrée et qu’une milice liée au pouvoir a agi en complicité avec les forces de sécurité. Le Prix Nobel de la Paix Denis Mukwege avait dénoncé vendredi une « répression sanglante » et pointé du doigt l’instrumentalisation de l’armée, de la police et d’une « milice privée » du parti présidentiel.
Cette passe d’armes illustre la forte polarisation qui règne à Kinshasa autour du débat sur la révision constitutionnelle, à moins de trois ans de la prochaine élection présidentielle. Alors que l’opposition y voit une tentative de « glissement » et de troisième mandat pour Félix Tshisekedi, la majorité présidentielle défend le droit du peuple à modifier la Loi fondamentale par voie référendaire. La tension reste vive dans la capitale, où chaque camp campe sur ses positions dans un climat politique déjà alourdi par la crise sécuritaire persistante à l’Est du pays.
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