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POLITIQUE

L'actualité Politique de la semaine en RDC

Bien qu'étouffée à Kinshasa, la manif de l'Ecidé a été une réussite à Beni.

L'appel à une marche pacifique, lancé par l'opposant congolais Martin Fayulu, pour défendre l'intégrité du territoire national, a fait fortune diverse hier mercredi 14 octobre. A Kinshasa, la manif a été réprimée par des éléments de la Police nationale congolaise (PNC). Ces derniers ont fait usage de bombe à gaz lacrymogène pour dissuader les manifestants. Déterminés à atteindre le lieu de rassemblement, Place Echangeur, des militants du parti Engagement citoyen pour le développement (ECIdé), ont été stoppés et dispersés au niveau de Pont Matete. Quelques cas de blessés et d'interpellations ont été enregistrés dans les rangs des manifestants, selon Radio Okapi.

Par ailleurs, Martin Fayulu a été immobilisé à la place Echangeur, alors qu'il se rendait au quartier Pascal, point d'intersection entre les communes très peuplées et populaires de Masina et de Kimbanseke, dans l'Est de Kinshasa. Trois des quatre pneus de sa jeep 4X4 ont été crevés par des éléments de la PNC postés au même endroit. Moralité, le coordonnateur en exercice de la plateforme Lamuka, ne pouvait plus rejoindre de nombreux militants de son parti qui l'attendaient depuis plusieurs heures de la matinée dans l'Est de Kinshasa, considéré non sans raison comme la zone rouge de la capitale.

Exaspéré et frustré, Martin Fayulu s'est lui-même constitué "prisonnier" à la Police de L'Echangeur, exigeant la réparation du préjudice subi. "Si vous voulez me tuer, tuez-moi pour le Congo", a tonné le porte-étendard de Lamuka, avant de déclarer qu'il ne quittera pas le lieu tant que sa jeep n'aura pas été réparée. A l'issue d'une longue discussion avec quelques hauts responsables de la Police, Martin Fayulu a été remis dans ses droits. Les trois pneus percés ont été aussitôt remplacés par des pneus neufs, achetés sur ordre du numéro 1 de la Police de Kinshasa, le général Sylvano Kasongo. Après réparation, Martin Fayulu a pris la direction son hôtel "Faden House" à Gombe, sous une escorte policière.

MARCHE REUSSIE A BENI

Si elle a échoué hier à Kinshasa, la marche de l'Ecidé a, cependant, été une réussite en pays Nande, dans l'Est de la RD Congo. Précisément à Beni. Selon des sources, l'appel de Martin Fayulu aux Congolais, de descendre dans les rues pour s'opposer à toute tentative de balkanisation du territoire national, a été reçu 5 sur5 dans cette ville du Nord-Kivu où la fédération Ecidé/Beni a réussi le pari de la mobilisation.

A en croire la radio onusienne qui a livré cette information, la manifestation a commencé au niveau du Rond-point ENRA, pour chuter à la mairie de Beni où un mémorandum a été remis à l'autorité urbaine. Aucun incident n'a été enregistré, les éléments de la PNC commis à l'encadrement de la marche ayant fait correctement leur travail, à la satisfaction des organisateurs locaux de ladite manif.

"Tel que vous l'avez constaté, la population de Beni est venue massivement pour répondre à cet appel du président élu Martin Fayulu, président national de notre parti politique (ndlr : Ecidé), pour dire non à ce plan macabre qui est en train d'être organisé pour notre terre de Minembwe. C'est comme ça que vous nous avez vus sur la route pour dire Non à ce projet d'émiettement, d'expropriation et de cession tacite de la terre de nos ancêtres", explique à Radio okapi, le président fédéral de l'Ecidé/Beni.

On rappelle également qu'à l'occasion de cette marche pacifique de protestation, les manifestants ont réclamé avec insistance, l'évaluation de l'opération "Sokola 1" dans le grand Nord, qui selon eux, n'aurait pas encore produit les résultats escomptés.

"Le second point contenu dans notre mémo, se rapporte aux opérations de grande envergure, lancées depuis le 30 octobre 2019 mais qui, jusqu'aujourd'hui, n'ont pas encore porté de fruits parce que nous continuons à enregistrer des morts par ci par là. Mais vous, vous êtes en train de suivre sur les chaines de Radio ce qui se passe à Halungupa, à Makisabo, à Eringeti et à Musuku. Donc toutes ces entités sont vidées de leurs populations. Compte tenu du drame que vivent nos populations au quotidien, nous nous trouvons en droit de nous demander par où seraient donc passées lesdites opérations", renchérit M. Emery Katavali, le fédéral de l'ECiDé Beni, cité par le même média des Nations unies en RD Congo.

FAYULU JOUE ET GANGNE

Quelle leçon tirer de cette manifestation de l'ECIDé, au-delà de son insuccès hier dans les rues de Kinshasa ? Voilà donc, une vraie question que devraient se poser des esprits alertes. A priori, des esprits moyens diraient sans doute que l'échec de cette manif était prévisible, dès lors qu'elle a été interdite la veille par l'autorité urbaine. D'autres ajouteraient sans doute à cette décision de l'Hôtel de ville, la non-implication manifeste de certains principaux partis politiques membres de "Lamuka". Car, à part Martin Fayulu, et dans une certaine mesure, Adolphe Muzito lors de la conférence de presse, on n'a plus entendu les deux autres leaders de "Lamuka", inviter les Congolais à descendre dans les rues pour la même cause.

C'est donc un Fayulu qui, face au silence radio de certains de ses principaux coéquipiers de "Lamuka", qui a fait seul ou presque son job d'opposant. Plus d'une fois, les Congolais l'ont vu et entendu déplorer, condamner des massacres à répétition, des civils tant dans l'Est que dans le Nord-est de la RD Congo.

Par rapport à l'"affaire Minembwe" qui a mis la tempête dans un verre d'eau depuis la semaine dernière en RD Congo, on rappelle que c'est le même Martin Fayulu qui, dans le camp de l'opposition républicaine, a été le premier à dénoncer l'application du décret n°13/029 du 13 juin 2013 conférant le statut de ville et de commune à certaines agglomérations de la province du Sud-Kivu dont Minembwe.

On rappelle que dans un Tweet publié en fin de semaine dernière, le président national del'ECIDé, n'a pas fait usage de langue de bois. Aussi, a-t-il invité la population congolaise à la résistance, pour contrecarrer toute initiative allant dans le sens de saucissonner leur territoire national, patrimoine commun.

"Je demande aux Congolais de s'opposer à l'instauration de Minembwe en commune rurale. Cette initiative téméraire est une sérieuse menace à l'intégrité territoriale de la RDC. J'invite le peuple congolais à la vigilance de manière à faire échec à ce plan de balkanisation du pays", avait tweeté Martin Fayulu. Et d'ajouter : "Si aujourd'hui nous baissons les bras et laissons Minembwe entre les mains de ses occupants, demain nous aurons le pays balkanisé". D'où, son invite à la marche d'hier mercredi.

Vu des observateurs, toutes ces réactions et sorties médiatiques de Martin Fayulu, ont le mérite de lui conférer la casquette de principal opposant en RD Congo. Autrement dit, le silence de cet acteur politique, "meilleur perdant" de la présidentielle du 30 décembre 2018, décernerait un certificat de décès à l'opposition. Ainsi, peu importent les résultats de ses actions, Martin Fayulu est en train de jouer et de gagner sa carte de principal leader de l'anti-pouvoir. Que ce soit sur le plan interne ou externe, on reconnait qu'il existe en RD Congo un opposant qui fait du bruit. Et, à un adversaire politique, le pouvoir ne devrait donc pas attendre des actes de bonhommie.

Pour la petite histoire, ce n'est pas la première fois qu'une marche de la coalition Lamuka soit étouffée dans l'œuf. Cas de celle du vendredi 17 janvier 2020 contre la balkanisation de la RD Congo et les tueries en série à Djugu en Ituri et à Beni dans le Nord-Kivu. L'opinion se souviendra que cette manifestation avait été réprimée dans plusieurs villes du pays. 

 

Grevisse KABREL & E.WEMBA / Forum des As

 

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