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POLITIQUE

L'actualité Politique de la semaine en RDC

En RDC, les agents de la riposte Ebola ont-ils financé les forces armées congolaises et même des groupes armés pour assurer leur sécurité ? C’est en tout cas ce que révèle le dernier rapport du Groupe d’étude sur le Congo, un centre de recherche de l’université de New York. Les faits portent sur la 10e épidémie d’Ebola, entre 2018 et 2020, dans l’est de la République démocratique du Congo. Selon ces chercheurs, en voulant protéger son personnel et faire face à la pandémie, le ministère de la Santé et l’Organisation mondiale de la santé ont sans doute aggravé le conflit.

 

La riposte à la 10e épidémie d’Ebola avait suscité bien des résistances au sein de la population de Beni et de Butembo, peu habituée à un tel déploiement humanitaire et à une telle débauche d’argent. L'épidémie avait été l’une des raisons avancées pour ne pas organiser les élections dans cette région du pays, ce qui avait lié, dans les esprits, la riposte à la crise politique.

Jusqu’en décembre 2018, il n’y a d’ailleurs que peu d’attaques, note le GEC. Mais elles se multiplient l’année suivante. Selon ce centre de recherches basé à New York, la riposte, elle, avait déjà commencé à financer des escortes armées, sur l'impulsion d’un haut responsable du ministère de la Santé, lui-même, candidat à Beni.

Une base de la Monusco est attaquée mi-novembre 2018 et le recours aux escortes s’intensifie, comme les contacts avec les groupes armés. Et de là, naît un cercle vicieux, pointent les chercheurs du Groupe d’études sur le Congo.

La riposte aurait non seulement payé les forces de sécurité et des groupes armés pour assurer la sécurité de son personnel, mais aussi pour faire respecter les règles de santé publique ou même pour tracer les personnes contacts. Parmi les acteurs cités dans ce business juteux, il y a des membres de groupes armés, des agents du ministère de la Santé, de l’agence nationale des renseignements, des militaires, des policiers et des responsables de l’Organisation mondiale de la santé. Ce sont même ces derniers qui sont les plus pointés dans le rapport du GEC.

À noter que l’OMS nie toute participation et assure que c’était le ministère de la Santé qui était chargé de la riposte et de la gestion des questions de sécurité. Au ministère de la Santé, on affirme ne rien savoir de ces éventuels paiements à des groupes armés, ni par le ministère, ni par les agents de la riposte.

Pour parler de cette affaire, Sonia Rolley reçoit Jason Stearns, le directeur du Groupe d’étude sur le Congo. Et la première question qu’elle lui a posé, c’est de savoir quelles sont les éléments de preuve dont le GEC dispose ? 

 
RFI

 

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