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SOCIÉTÉ

L'actualité sociale de la semaine en RDC

En République démocratique du Congo (RDC), les maladies infectieuses demeurent la principale cause de morbidité et de mortalité à travers le pays, année après année, malgré les signes progressifs d’une transition épidémiologique. Le paludisme, les infections respiratoires inférieures et les maladies diarrhéiques figurent toujours en tête des causes de mortalité. À ces fléaux s’ajoutent la malnutrition chronique et les maladies tropicales négligées, enracinées dans les réalités sociales, économiques et environnementales du pays, et qui continuent de peser lourdement sur la santé des populations les plus vulnérables.

Face à cette charge sanitaire persistante, les autorités et leurs partenaires ont multiplié les réponses. C'est ainsi que du 27 au 29 avril 2026, la ville de Lubumbashi a accueilli un atelier national consacré à l’élaboration du plan pluriannuel d’intégration des campagnes de santé pour la période 2026–2028 dans le pays. Cet atelier s’est tenu sous la coordination du Secrétaire général à la Santé publique, Dr Body Ilonga Bompoko, et a marqué une étape essentielle dans le renforcement de la coordination et de l’éfficacité et l’efficience des interventions de santé publique dans le pays.

L’atelier a réuni des représentants des programmes et directions centraux du ministère de la Santé, Hygiène et Prévoyance sociale, notamment le Programme Élargi de Vaccination (PEV), le Centre des opérations d’urgence contre la poliomyélite (COUP), le Programme national de  Nutrition (PRONANUT), le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), le Programme national de lutte contre les maladies tropicales négligées (PNLMTN), le Programme national de la communication et de la promotion de la santé (PNCPS), la Direction du système national d'information sanitaire (DSNIS) ainsi que l’Agence nationale d'ingénierie clinique et du numérique de la santé (ANICNS). Leur participation active a permis d’assurer un alignement stratégique des priorités nationales autour des campagnes de santé publique.

Les travaux ont également bénéficié de l’appui et de la contribution de plusieurs partenaires techniques et financiers, parmi lesquels l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Fonds des Nations-Unies pour l’Enfance (UNICEF), Gavi, l’Alliance du vaccin, la Fondation Gates, VillageReach, Helen Keller International, ACASASUS, SANRU, PATH, le Fonds mondial, et CHAI. L’atelier a été facilité par des experts venus du Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, de la Coalition mondiale pour l’efficacité des campagnes de santé, de la Fondation eGOV et de Sydani Group, apportant un appui technique et méthodologique de qualité.

Les objectifs poursuivis par l’atelier étaient d’établir la cartographie des campagnes de santé planifiées entre 2026 et 2028, d’identifier les opportunités d’intégration partielle ou totale de ces campagnes, d’élaborer un plan pluriannuel d’intégration des campagnes et interventions de santé, et de définir un mécanisme de suivi de la préparation et de la mise en œuvre du plan d’intégration.

Au cours des travaux, les échanges ont été enrichis par le partage d’expériences réussies du Nigeria et de l’Éthiopie, démontrant qu’une action collaborative structurée peut accroître l’efficacité, réduire les coûts et améliorer la couverture sanitaire. Les enseignements tirés ont consolidé la compréhension commune selon laquelle une intégration rigoureusement planifiée constitue un facteur déterminant pour renforcer la performance globale des campagnes de santé.

« Ces expériences ont notamment permis de démontrer les bénéfices opérationnels et programmatiques de l’intégration des campagnes de santé, avec en particulier la mise en place d’une stratégie d’action collaborative, l’engagement politique au plus haut niveau, l’amélioration de l’efficacité des campagnes de santé tout en optimisant les coûts», a indiqué le Dr Franck Mboussou, point focal du programme de la Promotion de la santé et prévention des maladies par des interventions à l’échelle de la population (HPD) à l’OMS en République démocratique du Congo. La plateforme numérique DIGIT HCM, développée par la Fondation eGOV avec l’appui de la Fondation Gates, a également été présentée. Cette solution vise à renforcer la gestion des données et de l’information pour les campagnes intégrées de santé, en soutien à une planification plus efficace et à une prise de décision fondée sur des données probantes.

À l’issue de l’exercice de cartographie et d’identification des opportunités d’intégration, 33 campagnes intégrées de santé publique ont été identifiées sur la base de leur répartition géographique et de leurs périodes de mise en œuvre. Ces campagnes couvrent notamment la vaccination contre la rougeole-rubéole, la fièvre jaune et la poliomyélite, la supplémentation en vitamine A, le déparasitage à l’Albendazole, le dépistage de la malnutrition, la distribution de masse de médicaments contre les maladies tropicales négligées ainsi que la distribution des moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action (MIILD). Leur planification fera l’objet d’un affinage tenant compte des populations cibles, des stratégies de mise en œuvre et de la compatibilité des produits et interventions.

Un plan d’action d’opérationnalisation des campagnes intégrées de santé a été élaboré et adopté comme feuille de route. Celui-ci prévoit notamment la mise en place d’un comité national de coordination des campagnes intégrées de santé présidé par le Secrétaire Général à la Santé, la création de groupes techniques de travail par campagne intégrée, l’élaboration d’une stratégie nationale d’action collaborative pour l’efficacité des campagnes de santé, ainsi que des activités préparatoires à l’éventuel déploiement de la plateforme DIGIT HCM. Le plan inclut également des actions visant à accompagner l’élaboration des macroplans des campagnes intégrées et à informer les partenaires financiers sur les orientations stratégiques du pays.

Les résultats encourageants de l’intégration récente des campagnes de vaccination contre la rougeole, la rubéole et la poliomyélite montrent qu’une mise en œuvre conjointe peut préserver l’efficacité de chaque antigène. Un plan structuré d’intégration des campagnes de santé contribuerait à optimiser l’utilisation des ressources humaines, à réduire les coûts par la mutualisation des activités et à renforcer l’impact global des interventions.

« La tenue de cet atelier à Lubumbashi illustre le leadership affirmé des autorités nationales et la force du partenariat entre la République démocratique du Congo, l’OMS et l’ensemble des partenaires techniques et financiers. En conjuguant nos efforts autour d’une vision commune, nous jetons les bases de campagnes de santé plus intégrées, plus efficientes et mieux alignées sur les priorités nationales, au bénéfice d’un système de santé renforcé et d’une couverture sanitaire accrue pour les populations », a souligné la Dre Anne Ancia, Représentante par intérim de l’OMS en RDC. 

En RDC, les programmes de santé ont développé, au fil des années, des campagnes de masse destinées à atteindre rapidement des millions de personnes, en complément des services de routine. Vaccination, prévention, traitement : ces opérations, souvent vitales, sont devenues des rendez-vous réguliers dans le calendrier sanitaire national. Mais sur le terrain, derrière l’élan et l’urgence, une autre réalité se dessine. La plupart de ces campagnes sont conçues et mises en œuvre de manière verticale, programme par programme. Pourtant, au niveau des centres de santé et des communautés, ce sont souvent les mêmes agents de santé et les mêmes relais communautaires qui sont mobilisés, campagne après campagne.

Cette superposition d’interventions finit par produire ses propres effets indésirables. Les agents de santé, soumis à des sollicitations répétées, voient leur charge de travail s’alourdir, parfois au détriment de la continuité des services de santé essentiels. Les soins de routine se fragilisent, tandis que les ressources humaines et matérielles, déjà limitées, peinent à être utilisées de manière optimale. Ainsi, dans un contexte marqué par l’abondance des besoins et la rareté des moyens, la question n’est plus seulement de multiplier les interventions, mais de mieux les organiser. Rationaliser, intégrer, coordonner : autant de leviers devenus indispensables pour transformer l’effort sanitaire en impact durable, et faire en sorte que chaque campagne renforce — plutôt qu’elle ne fragilise — le système de santé qui la porte.

OMS

 

 

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