Les habitants de Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu vivent ce dernier temps dans l’insécurité totale. Le week-end dernier, ils ont mis la main sur deux présumés bandits armés, qui sont accusés d’avoir tué deux jeunes au quartier Panzi dans la nuit de 21 juillet à Bukavu. L’un de ces présumés bandits a été torturé à mort, sa maison a été saccagée et son état demeure très critique, selon des sources concordantes. Les mêmes sources au micro de la radio okapi rapportent que la police est intervenue pour empêcher une justice populaire. Par ailleurs, une structure de la place déplore le fait qu’il ne se passe plus une seule nuit sans que les gens soient tués par balle après les attaques nocturnes, des corps sans vie sont ramassés à Bukavu. Cette organisation estime nécessaire que l’Assemblée provinciale du Sud-Kivu interpelle le ministre provincial de l’Intérieur pour ces assassinats. Des habitants de la commune de Kadutu, eux, viennent d’organiser un forum citoyen pour impliquer toutes les couches de la population dans la lutte contre l’insécurité à Bukavu. D’autres organisations estiment par ailleurs que le gouvernement provincial devrait organiser un bouclage pour mettre fin à la circulation libre d’armes qui crée l’insécurité dans la ville. Au mois de mai de cette même année, un chiffre a été révélé par la Synergie des associations des jeunes pour l’éducation civique, électorale et la promotion du leadership cohésif au Sud-Kivu démontrant qu’environ 106 cas de personnes tuées, soit une moyenne de 27 victimes par mois, depuis janvier dernier au Sud-Kivu. Cette structure a livré ce bilan dans son bulletin n°035, paru lundi 4 mai, dans la ville de Bukavu, chef-lieu de la province. En espace de quatre mois, 42 personnes ont été enlevées, 218 maisons visitées par des bandits armés, sans compter les véhicules pillés et des passagers dépouillés sur les routes menant vers certains territoires. Cependant, cette association dénonce la passivité des autorités provinciales du Sud-Kivu face à la monté de cette criminalité. Selon la même source, il ne se passe plus une seule nuit sans qu’on enregistre un mort sur l’étendue de la province du Sud Kivu. » Le bulletin de cette structure indiquait que des bandits armés opèrent en toute quiétude dans différents quartiers de la ville de Bukavu. Même le territoire d’Idjwi, qui était jusque-là à l’abri de toute sorte d’insécurité, a enregistré des cas de meurtres, dont un cas en plein jour « . Elle demandait par ailleurs aux autorités provinciales de mettre en place des mesures concrètes, pour qu’enfin la population puisse se sentir sécurisée. Interrogé sur cette situation, le ministre provincial de l’Intérieur du Sud-Kivu, Jean-Julien Miruho, a affirmé être conscient de cette insécurité, assurant être en train de chercher des mesures pour y mettre fin. La question de l’insécurité était, mardi 5 mai 2015, au centre de la réunion du conseil de la sécurité provinciale. *Minova n’est pas épargnée* Plus de 25 cas de vols, de destruction des maisons et de crépitement des balles ont été enregistrés également à Minova au Sud-Kivu et ses environs dans un intervalle de trente jours, a indiqué au mois d’avril le vice-président de la société civile du groupement de Buzi-Minova, Néhémie Habajuwe Bahati, à l’issue d’un conseil local de sécurité. Il avait appelé la population locale à lutter contre la recrudescence de l’insécurité, attribuée notamment aux évadés des prisons de Goma dans le Nord-Kivu, voisin de Minova. L’avis de la société civile sur l’insécurité est partagé par le chef de poste d’Etat de Minova, Néhémie Habajuwe Bahati. Selon lui, les cas d’insécurité sont devenus monnaie courante à Minova. « Chaque nuit, au moins deux ou trois maisons sont visitées. Si nous parvenions à prendre notre sécurité en mains, ça ne pourrait pas dégénérer pendant longtemps « , avait-t-il estimé. L’insécurité, selon la même source, est notamment l’œuvre des évadés de la prison centrale de Bukavu mais aussi des prisons de Goma. « Nous demandons aux familles, qui peuvent continuer à héberger pareils types [évadés], de procéder le plus vite possible à des dénonciations », a poursuivi Néhémie Habajuwe. Dans ce même registre, les évêques du Maniema, du Nord et Sud-Kivu avaient dénoncés le silence des autorités de la RDC et de la communauté internationale face à la montée de l’insécurité dans le territoire de Beni, à plus de 350 km au Nord de Goma dans le Nord-Kivu. Ces prélats catholiques avaient exprimé leur indignation dans une déclaration rendue publique, au mois de mai, au terme de leur conclave d’une semaine à Butembo. Environ 300 personnes ont été tuées, depuis octobre 2014, par des présumés rebelles ougandais des ADF dans le territoire du Nord-Kivu. Mecontents, les évêques de six diocèses de la province ecclésiastique du Kivu avaient haussé le ton à travers une lettre publiée le même jour, ils avaient demandé au chef de l’Etat de pacifier tout le pays notamment l’Est du Congo pour faciliter la tenue des élections apaisées. Ils avaient également dénoncé ce qu’ils qualifient » d’affairisme » des autorités politiques et militaires et regrettent que la sécurité, la paix et l’intégrité territoriale ne soient pas inscrites parmi leurs priorités. Dans leur déclaration, ces prêtres avaient qualifié les massacres de Beni de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre.
Jocelyne Wandje Mbote/ l'observateur








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