
L’influenceur panafricaniste Kemi Seba (de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi), arrêté il y a une semaine en Afrique du Sud, a demandé l’asile politique à Pretoria ce lundi 20 avril 2026.Arrêté le 13 avril dans un centre commercial de Pretoria en compagnie de son fils âgé de 18 ans et d’un facilitateur sud-africain, Kemi Seba était initialement poursuivi pour séjour illégal en Afrique du Sud (son visa ayant expiré depuis deux mois) et pour tentative de franchissement illégal de la frontière vers le Zimbabwe, avec l’intention présumée de rejoindre l’Europe. La police sud-africaine a indiqué qu’une opération d’infiltration, menée avec l’aide d’Interpol, avait permis son interpellation alors qu’il était en possession d’une importante somme d’argent (plus de 315 000 rands, soit environ 19 200 dollars).
Lors de sa comparution devant le tribunal de Pretoria ce lundi, l’un de ses avocats, Sesedi Phooko, a annoncé que Kemi Seba avait officiellement déposé une demande d’asile politique en Afrique du Sud. L’avocat conteste les accusations d’immigration illégale, estimant que la demande d’asile suspend ou modifie le traitement du dossier. Kemi Seba reste cependant en détention provisoire. La justice sud-africaine doit se prononcer le mercredi 29 avril sur une éventuelle libération sous caution.Kemi Seba est activement recherché par le Bénin, qui a émis un mandat d’arrêt international à son encontre. Les autorités béninoises l’accusent d’avoir soutenu et encouragé la tentative de coup d’État avortée de décembre 2025, et de faits constitutifs d’atteinte à la sûreté de l’État et d’incitation à la rébellion. Une procédure d’extradition vers Cotonou est en cours, ce qui rend la demande d’asile particulièrement stratégique pour sa défense.
Connu pour ses positions radicalement anti-occidentales (notamment anti-françaises), panafricanistes et parfois pro-russes, Kemi Seba est une figure controversée en Afrique de l’Ouest. Ses partisans dénoncent une « persécution politique » orchestrée par le régime béninois, tandis que ses détracteurs l’accusent de déstabiliser les institutions démocratiques. La situation reste complexe : l’Afrique du Sud devra examiner la demande d’asile tout en traitant la requête d’extradition du Bénin. La décision finale pourrait prendre plusieurs semaines ou mois. L’affaire continue de susciter de vives réactions sur les réseaux sociaux et dans les milieux panafricanistes.
Nadine Kibau








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