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AFRIQUE

L'actualité de la semaine en Afrique

S’il fallait une preuve de l’intérêt grandissant que l’Allemagne accorde à l’Afrique, la semaine qui s’achève en est une illustration éloquente. Après trois jours passés au Mali, au Niger et en Ethiopie, du dimanche 9 au mardi 11 octobre, la chancelière Angela Merkel a poursuivi son marathon diplomatique à Berlin, mercredi et vendredi, en recevant les présidents du Tchad et du Nigeria, Idriss Déby et Muhammadu Buhari. Lundi, ce dernier avait lui-même rencontré le ministre allemand des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, en visite à Abuja.

Cela faisait cinq ans que Mme Merkel n’était pas restée aussi longtemps sur le sol africain. A l’époque, en juillet 2011, son déplacement de trois jours au Nigeria, enAngola et au Kenya avait été dominé par les enjeux énergétiques et commerciaux, ce qui correspondait au rôle que son ministre des affaires étrangères de l’époque, Guido Westerwelle, souhaitait donner à l’Afrique : celle d’un partenaire de choix de l’économie allemande. Cinq ans plus tard, les urgences ont changé : dans une Allemagne où l’immigration et le terrorisme sont devenus des sujets de préoccupation de premier plan, ces deux thématiques sont désormais au cœur de la politique africaine de la chancelière.

Au Mali, sa visite – une première pour un chef de gouvernement allemand – est ainsi venue souligner la présence croissante de la Bundeswehr dans le pays. Ces dernières années, les soldats allemands envoyés sur place – quelques dizaines au total – étaient surtout engagés dans la Mission européenne de formation de l’armée malienne (EUTM), créée en 2013. Après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, le gouvernement allemand a décidé de renforcer sa présence, en obtenant du Bundestag que le nombre de soldats autorisés à participer à la Mission des Nations unies pour la stabilisation du Mali (Minusma) passe de 150 à 650.

S’ils ne sont aujourd’hui que 530, la visite que leur a rendue Mme Merkel symbolise le rôle accru que l’Allemagne joue désormais au Mali. Un rôle que la chancelière assume mais dont elle n’entend pas pour autant devenir prisonnière, comme elle l’a précisé, dimanche, lors d’une conférence de presse avec le président Ibrahim Boubacar Keïta : « Il est important pour nous d’établir une cohérence entre notrecoopération en matière de développement et notre soutien militaire. (…) Le militaire seul ne peut apporter la sécurité et la paix. »

Le pacifisme continue de peser outre-Rhin

Le message s’adressait aux Maliens mais aussi aux Allemands. Car la chancelière le sait : s’il n’a plus la même intensité qu’il y a vingt ou trente ans, le pacifisme continue de peser dans le débat politique outre-Rhin. Les interrogations soulevées au début de l’année par le renforcement de la présence de la Bundeswehr dans la Minusma l’ont rappelé. La ministre de la défense, Ursula von der Leyen, avait alors dû rassurer une opinion publique inquiète à l’idée que l’Allemagne soit de nouveau entraînée dans un conflit beaucoup plus long que prévu, comme cela avait été le cas en Afghanistan après le 11 septembre 2001.

Il n’y a pas qu’au Mali que Mme Merkel s’est montrée soucieuse de ce que pensent les Allemands. En réalité, l’ensemble de sa tournée avait pour objectif de lesconvaincre que son intérêt pour l’Afrique, loin d’être altruiste, visait avant tout àrépondre aux deux défis qui les préoccupent le plus aujourd’hui : l’immigration et le terrorisme. Trois jours avant son départ, c’est ce qu’elle avait expliqué dans un entretien à l’hebdomadaire Die Zeit, assurant que « le bien-être de l’Afrique est dans l’intérêt de l’Allemagne ». A chacune de ses étapes, c’est ce qu’elle s’est efforcée d’illustrer.

Après le Mali, qui lui a permis de rappeler sa détermination à lutter contre le terrorisme au Sahel, le Niger et l’Ethiopie lui ont ainsi donné l’occasion de montrerque le tarissement des flux migratoires est aujourd’hui sa priorité. Ce qui prend tout son sens à onze mois des élections législatives et alors que l’extrême droite mais aussi une partie de sa majorité continuent de lui reprocher sa politique d’accueil des réfugiés lors de la crise de 2015.

En promettant d’aider ces deux grands pays de transit pour les migrants originaires d’Afrique de l’Ouest (pour le Niger), de Somalie, d’Eryhtrée et duSoudan du Sud (pour l’Ethiopie), Mme Merkel s’exposait aussi à des critiques : à Niamey, celle de gaspiller l’argent allemand dans un pays plongé dans la misère ; à Addis-Abeba, celle de se compromettre avec un régime autoritaire et de plus en plus contesté. Au Niger, elle y a répondu en venant avec un chèque de 17 millions d’euros, loin du « plan Marshall » attendu par le président Mahamadou Issoufou. En Ethiopie, où l’état d’urgence venait d’être proclamé la veille de son arrivée, elle a finalement renoncé au discours qu’elle devait prononcer devant le Parlement.

Au Mali, un partenaire de second plan

Si elle témoigne de la place désormais centrale des enjeux de sécurité, ce qui est conforme aux « Lignes directrices de la politique africaine », un document publié en mai 2014 par le gouvernement de Mme Merkel, la dernière semaine rappelle aussi les limites de la présence de l’Allemagne en Afrique. Pour le Mali, elle demeure un partenaire de second plan par rapport à la France, qui reste le principal parrain sécuritaire de la région avec 3 000 soldats déployés dans la bande sahélo-saharienne. Et ce même si Berlin a la « volonté d’investir durablement » dans le pays, comme l’analyse une source à la présidence malienne, qui cite notamment « les 10 millions d’euros prévus à Gao pourréhabiliter l’aéroport et les infrastructures routières ».

Même constat au Niger. Certes, Mme Merkel a montré qu’elle voulait « connaître les problèmes du pays et se montrer plus sensible à son avenir », se félicite un ministre sur place. Celui-ci relativise cependant l’importance de la base que les Allemands souhaitent construire à Niamey, alors que les militaires français et américains sont déjà solidement implantés dans le pays : « Les Allemands ont besoin d’une base d’appui pour le ravitaillement de leurs soldats au Mali, mais ce ne seront que quelques éléments articulés autour de la présence allemande dans la Minusma. »

 

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