Plusieurs cas de harcèlement au travail ont été révélés par des agents de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) dans une enquête interne à l'institution. Conséquence : le Canada a annoncé réduire de trois millions de dollars canadiens sa contribution financière à l'organisation.
Des cas de harcèlement au travail ont été révélés par des agents de l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Selon les résultats d'une enquête interne commandée en décembre 2022 et que RFI a pu consulter, 44% des répondants disent avoir déjà subi du harcèlement moral, plus d'un agent interrogé sur deux dit en avoir été témoin quand 9% parlent de harcèlement sexuel. Ce rapport, impulsé par la direction, devait, selon l'OIF, « libérer la parole » sur le sujet.
Trois millions de dollars canadiens en moins
Les conséquences de ces révélations sont lourdes : le Canada a annoncé réduire de trois millions de dollars canadiens sa contribution financière à l'organisation. C'est une décision inédite. C'est le 2 avril, dans une lettre adressée à la secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, que la ministre canadienne des Affaires étrangères annonce revoir à la baisse sa contribution à l'organisation de la Francophonie. Une décision justifiée par les derniers résultats « troublants » en matière de harcèlement moral et sexuel au sein de l'OIF.
Mais Oria Vande Weghe, porte-parole de l'organisation, y voit une autre raison : la non-reconduction du Canadien Geoffroi Montpetit au poste d'administrateur : « Ca ressemble vraiment à un règlement de compte. En tout cas, si Louise Mushikiwabo ne renouvelait pas le contrat de l'administrateur précédent, on a été averti de représailles. On considère qu'on est vraiment face à ces représailles. »
« Relations difficiles »
Dans sa réponse à la cheffe de la diplomatie canadienne, datée du 6 avril, Louise Mushikiwabo, explique en effet que l'ambassadeur du Canada à Paris lui avait « promis des relations difficiles avec Ottawa » si elle « ne changeait pas d'avis concernant la fin de contrat de Geoffroi Montpetit ». Dans ce courrier, la numéro un de l'OIF assure également que la lutte contre le harcèlement ne doit pas être « détourné par des manoeuvres personnelles », comme le défend sa porte parole : « Ces chiffres sont préoccupants. Ce qui est sûr c'est que la secrétaire générale actuelle est la seule secrétaire qui a voulu qu'on s'intéresse à la question, On peut pas reprocher à un leadership de s'attaquer à du harcèlement moral, sexuel, puis couper les contributions sur base de résultats d'un sondage qui sert justement à s'attaquer à ce problème. »
Le Canada est le deuxième bailleur de fond de la Francophonie. Même avec un soutien financier moindre d'Ottawa, l'organisation va continuer à fonctionner, assure encore sa porte-parole.
rfi
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