
La réunion de haut niveau sur la situation en République démocratique du Congo (RDC), particulièrement dans l'est du pays, s'est tenue le 17 janvier 2026 à Lomé, au Togo. Elle était présidée par le président du Conseil togolais Faure Essozimna Gnassingbé, désigné médiateur de l'Union africaine (UA) pour la crise dans l'est de la RDC et la région des Grands Lacs depuis le retrait de l'Angolais João Lourenço en 2025.
Objectifs principaux de la réunion
- Harmoniser et consolider les multiples processus de paix existants (notamment l'accord de Washington entre RDC et Rwanda signé en 2025 sous égide américaine, le processus de Doha avec le M23/AFC, et d'autres initiatives régionales comme Luanda).
- Éviter la fragmentation diplomatique et assurer une meilleure cohérence entre les initiatives africaines, régionales (EAC, SADC) et internationales (États-Unis, Qatar, ONU).
- Promouvoir une désescalade immédiate, un cessez-le-feu effectif, et accélérer la mise en œuvre des engagements pris.
- Associer les pays voisins (Rwanda, Ouganda, Burundi, Angola) et les facilitateurs (anciens chefs d'État comme Uhuru Kenyatta, Olusegun Obasanjo, etc.) pour un cadre consensuel.
Participants notables
- Ministres des Affaires étrangères africains et représentants des États impliqués.
- Envoyés spéciaux des États-Unis et du Qatar.
- Représentants de l'ONU (MONUSCO, envoyés spéciaux pour les Grands Lacs).
- Le président congolais Félix Tshisekedi avait visité Lomé le 12 janvier pour préparer le terrain.
Résultats et communiqué final
La réunion a abouti à l'adoption d'un document-cadre (ou feuille de route) pour la médiation UA. Les points clés incluent :
- Appel à une convergence des initiatives pour un message unique et cohérent.
- Nécessité d'un suivi structuré et d'une coordination étroite.
- Soutien à une reprise du dialogue entre les parties (RDC, Rwanda, M23/AFC).
- Reconnaissance de la persistance des violences malgré les accords de 2025 (combats continus près d'Uvira, Masisi, etc., avec accusations mutuelles entre Kinshasa et Kigali).
La France (via le ministre Jean-Noël Barrot) a exprimé son plein soutien à l'initiative togolaise, appelant à une désescalade immédiate et au respect des engagements (y compris ceux pris à Paris en octobre 2025). L'ONU et MONUSCO ont participé et réaffirmé leur appui.
Malgré l'optimisme prudent (certains observateurs indépendants comme le Baromètre des Accords de Paix en Afrique saluent un "timide pas vers une reprise en main africaine"), les experts restent sceptiques sur l'impact immédiat. Les combats persistent sur le terrain, et les processus antérieurs (Washington, Doha) peinent à être appliqués. Cette réunion vise à redonner du poids à l'UA dans un dossier où elle a souvent été en retrait face aux médiations extérieures.
Magloire Kibau / RDC Nouvelles








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