
La Belgique refuse à une société minière américaine, KoBold Metals, l'accès exclusif aux archives géologiques coloniales sur la RDC conservées au Musée royal de l'Afrique centrale (AfricaMuseum) à Tervuren.Ce refus, rapporté par plusieurs médias belges et internationaux (dont le Financial Times, VRT, La Libre Belgique et De Standaard) autour du 11-12 février 2026, s'inscrit dans un bras de fer diplomatique et stratégique autour des minerais critiques (cuivre, cobalt, lithium, etc.) dont regorge le sous-sol congolais.Contexte et détails clés
Les archives en question : Des millions de documents, cartes géologiques et rapports issus de l'époque coloniale belge et des compagnies minières actives jusqu'aux années 1960-1970. Elles constituent l'une des collections les plus complètes au monde sur le sous-sol de la RDC, aujourd'hui stratégique dans la transition énergétique mondiale.KoBold Metals : Startup américaine spécialisée dans l'exploration minière via l'intelligence artificielle. Soutenue par des milliardaires comme Bill Gates et Jeff Bezos, elle a signé un accord avec le gouvernement de la RDC (Kinshasa) l'année dernière pour numériser et exploiter ces données afin de cartographier des sites miniers potentiels.
Le musée et les autorités fédérales (notamment la ministre de la Numérisation et de la Politique scientifique Vanessa Matz) refusent un accès exclusif ou privilégié à une entreprise privée étrangère sans lien contractuel avec l'État belge.
Arguments avancés :
- Ces archives sont des biens publics fédéraux.
- Elles restent accessibles aux chercheurs, au public et même aux entreprises privées (sur autorisation et sur place), mais pas en bloc ni pour privatisation.
- Le directeur du musée, Bart Ouvry, invoque des raisons éthiques : « Nous ne pouvons pas céder une collection entière à une entité à intérêts commerciaux, cela va contre notre mission scientifique. »
- Priorité à une numérisation publique, non privative et conforme aux règles belges/européennes, en partenariat avec la RDC.
- Pression américaine : Des sources évoquent des manœuvres de l'administration Trump pour influencer le transfert, dans un contexte de course mondiale aux matières premières critiques. La Belgique maintient toutefois sa ligne.
- RDC : Kinshasa pousse pour la numérisation via KoBold, voyant là un moyen d'accélérer l'exploration et les revenus miniers.
- Belgique : Souligne la souveraineté sur ses archives et le respect des principes de restitution/recherche partagée avec l'ex-colonie.
- Enjeux plus larges : Cela illustre les tensions autour de la « ruée » vers les minerais congolais, entre souveraineté des données historiques, intérêts privés (US, chinois, etc.) et diplomatie post-coloniale.
Magloire Kibau








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