Lors d’un meeting populaire organisé au siège de son parti Envol (avenue Enseignement, Kinshasa) le samedi 21 mars 2026, l’opposant Delly Sesanga a fermement rejeté toute initiative de modification ou de changement de la Constitution de 2006. Il a particulièrement mis en garde contre les tentatives perçues comme visant à ouvrir la voie à un troisième mandat pour le président Félix Tshisekedi, qualifiant cela de « haute trahison » et de rupture avec le pacte républicain.
Dans son discours, relayé par plusieurs médias congolais, Delly Sesanga a invoqué le sacrifice de figures emblématiques de la lutte contre le glissement constitutionnel sous Joseph Kabila : Thérèse Kapangala (jeune militante tuée par balle en septembre 2016 lors des manifestations à Kinshasa) et Rossy Mukendi (activiste abattu en février 2017 par la police). « Thérèse Kapangala, Rossy Mukendi n’ont pas donné leur vie pour que ce pays recule », a-t-il lancé avec émotion, rappelant également d’autres martyrs comme Hussein Ngandu et Luc Nkulula. « Ces jeunes n’ont pas donné leur vie pour que l’on revive ce que nous avons déjà vaincu », a-t-il ajouté, soulignant que les combats de 2015-2018 visaient précisément à empêcher toute manipulation de la loi fondamentale pour prolonger un pouvoir.Sesanga a exigé le respect strict du calendrier électoral : convocation des élections le 23 octobre 2028, mise en œuvre sans délai de la feuille de route de la CENI (publiée en avril 2025 pour le cycle 2025-2029), et organisation des scrutins dans les délais constitutionnels. Il a dénoncé les retards accumulés et qualifié le débat sur la révision constitutionnelle de « diversion » et de « faux débat », surtout dans un contexte de crise sécuritaire persistante à l’Est (guerre avec le M23/AFC). Le leader d’Envol a appelé la population à se mobiliser massivement : lancement imminent d’une campagne de sensibilisation, suivie d’actions de terrain et potentiellement de manifestations pour défendre la Constitution. Il a rappelé l’article 64 de la Constitution, qui autorise le peuple à s’opposer par tous les moyens à quiconque tenterait de s’approprier le pouvoir par des moyens anticonstitutionnels.
Cette sortie intervient dans un climat tendu : après les revirements de figures comme Vital Kamerhe et Modeste Bahati Lukwebo (critiqués par Denis Mukwege), et alors que des voix au sein de l’UDPS et de l’Union sacrée relancent l’idée d’une révision pour « adapter » la Constitution aux défis actuels. L’opposition (Katumbi, Fayulu, Sessanga, etc.) fait bloc contre ce qu’elle perçoit comme une manœuvre pour un glissement. Pour l’instant, aucune réaction officielle de la présidence ou du gouvernement n’a été enregistrée, mais la mobilisation semble s’intensifier à l’approche des échéances électorales de 2027-2028.
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