« Aucune Constitution n’est parfaite ni immuable », a déclaré Constant Mutamba dans une lettre à la nation datée du 28 mars 2026, écrite depuis sa cellule de détention. Cette affirmation, prononcée au cœur du débat sur une possible révision de la Constitution de la République démocratique du Congo, reflète une vérité universelle en droit constitutionnel. Toute nation vivante doit pouvoir réfléchir sur ses textes fondamentaux, car aucune Constitution n’est parfaite : elle peut contenir des faiblesses ou des lacunes liées à son époque. Aucune non plus n’est immuable, puisqu’elle doit évoluer avec la société, ses valeurs, ses défis et ses aspirations.
Cependant, Mutamba met en garde contre deux excès : le rejet systématique qui bloque toute évolution constructive, et l’adhésion aveugle qui empêche la vigilance citoyenne. Il pose surtout une question essentielle : à qui doit servir la réforme constitutionnelle ? Doit-elle profiter au peuple en renforçant l’État de droit, en protégeant mieux les libertés et en améliorant la gouvernance, ou servir des intérêts purement politiques et personnels ? L’histoire montre que les constitutions les plus durables, comme celle des États-Unis amendée à 27 reprises, ont su s’adapter sans perdre leur essence.
Refuser toute révision revient souvent à figer des compromis provisoires, tandis que changer le texte trop facilement ou pour des raisons conjoncturelles mine la stabilité institutionnelle et la confiance des citoyens. En définitive, le vrai débat ne porte pas tant sur la nécessité de réviser ou non, mais sur la manière et surtout sur l’intention qui guide cette réforme : servir le bien commun ou consolider le pouvoir de quelques-uns.
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