Joseph Olenghankoy, président du Conseil national de suivi de l’Accord de la Saint-Sylvestre (CNSA) et leader des Forces novatrices pour l’union et la solidarité (FONUS), a publiquement interpellé le président Félix Tshisekedi en estimant que le débat sur la réforme ou la révision de la Constitution paralyse le pays. Quelques jours après la conférence de presse du chef de l’État les 6 et 7 mai 2026, au cours de laquelle ce dernier s’est dit ouvert à un débat national sur la Constitution de 2006 et n’a pas exclu un troisième mandat si le peuple le demande via référendum, Olenghankoy juge que les priorités sont inversées.
Selon lui, alors que la guerre persiste à l’Est, que la cohésion nationale est fragilisée et que les institutions peinent à fonctionner, ce débat accapare inutilement l’espace public, divise la société et n’est ni une urgence ni une priorité. Il invite Tshisekedi à se concentrer sur la préservation de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale, à faire taire ce qui divise et à s’élever au-dessus des querelles partisanes, tout en mettant en garde contre les flatteurs et faux prophètes qui poussent des thèses néfastes pour des intérêts personnels. Invoquant l’histoire du pays, de l’indépendance à la Conférence nationale souveraine en passant par le dialogue de Sun City, Olenghankoy rappelle les sacrifices de figures comme Patrice Lumumba et Étienne Tshisekedi, soulignant que toucher aux acquis démocratiques protégés notamment par l’article 220 de la Constitution trahirait cette mémoire collective.
En tant que patriarche politique souvent impliqué dans les processus de dialogue, il s’oppose fermement à toute modification constitutionnelle dans le contexte actuel de crise sécuritaire. Ce débat, relancé par les déclarations antérieures de Tshisekedi qualifiant la loi fondamentale de « rédigée par des étrangers » et inadaptée, reste très clivant : les partisans du président y voient une modernisation nécessaire, tandis que l’opposition et une partie de la société civile y perçoivent un risque de glissement autoritaire.
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