Martin Fayulu s’oppose fermement à un éventuel troisième mandat du Président Félix Tshisekedi. Lors d’une conférence de presse animée ce vendredi 8 mai 2026 au siège national de l’ECiDé à Kinshasa-Kasa-Vubu, le leader de l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé) et coordonnateur de la plateforme LAMUKA a exprimé avec force son rejet total de toute tentative de modification constitutionnelle visant à permettre à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat à la tête de la République démocratique du Congo. Réagissant point par point aux déclarations faites par le chef de l’État lors de sa conférence de presse des 6 et 7 mai 2026, Martin Fayulu a qualifié de « ligne rouge infranchissable » toute révision de la Constitution de 2006 qui remettrait en cause l’article 220 protégeant la limitation des mandats présidentiels.
« Qu’il le veuille ou pas, Tshisekedi partira en 2028. Il n’aura pas de troisième mandat. Il n’est pas plus fort que le peuple congolais », a martelé Fayulu devant les journalistes et militants présents. Il accuse le pouvoir en place d’instrumentaliser la persistance de la guerre dans l’Est du pays pour créer un prétexte permettant soit un report des élections de 2028, soit une révision constitutionnelle taillée sur mesure. Pour lui, cette stratégie constitue une « tentative de coup d’État constitutionnel » qui rappelle les dérives observées sous Joseph Kabila entre 2016 et 2018.
Le président de l’ECiDé a insisté sur le fait que le véritable problème de la RDC ne se trouve pas dans le texte de la Constitution, jugée pourtant « imparfaite » par certains, mais dans le refus délibéré des dirigeants successifs de la respecter. Il a rappelé que le peuple congolais avait déjà massivement rejeté l’idée d’un troisième mandat à l’époque de Kabila et s’est engagé à mobiliser toutes les forces vives de la nation pour barrer la route à toute dérive autoritaire. Fayulu a promis d’être « en première ligne » aux côtés du peuple pour défendre les acquis démocratiques de 2006.
Cette prise de position radicale intervient dans un contexte de forte polarisation politique. Elle renforce le front anti-révision constitutionnelle déjà composé de personnalités comme Jean-Marc Kabund, Joseph Olenghankoy et plusieurs organisations de la société civile. Fayulu a également annoncé des actions futures, sans toutefois entrer dans les détails, pour sensibiliser la population et faire pression sur le pouvoir afin que les élections de 2028 soient organisées dans le délai constitutionnel, sur l’ensemble du territoire national et dans des conditions de paix et de transparence.
Le leader de LAMUKA a par ailleurs critiqué sévèrement l’idée selon laquelle la fin de la guerre à l’Est serait une condition préalable aux élections, estimant qu’il s’agit d’un argument fallacieux destiné à distraire l’opinion publique de l’échec de la gouvernance actuelle en matière de sécurité, d’économie et de cohésion nationale. Il a appelé tous les Congolais épris de démocratie et de justice à rester vigilants et à se mobiliser pacifiquement pour préserver les institutions républicaines.
Cette sortie de Martin Fayulu accentue encore le clivage au sein de la classe politique congolaise et relance le débat sur la succession présidentielle de 2028. Les observateurs estiment que les prochaines semaines seront décisives pour mesurer la capacité de l’opposition à construire un front uni contre ce qu’elle qualifie de « projet de glissement ». Les réactions du camp présidentiel et de l’Union Sacrée sont attendues dans les heures ou jours qui viennent.
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