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POLITIQUE

L'actualité Politique de la semaine en RDC

* Human Rights Rdc et le BCNUDH haussent le ton et appellent à des sanctions. Pour sa part, le ministre des Finances, nommément cité, se réserve le droit de saisir les instances judiciaires attitrées.

Dans un meeting mardi 10 novembre au siège national du parti à la 11ème rue Limete, le secrétaire général de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), a eu un ton grave et des mots durs contre le Front commun pour le Congo (FCC), plateforme politique dirigée par le Chef de l'Etat honoraire Joseph Kabila. Sans filtre, Augustin Kabuya s'est personnellement attaqué à l'actuel argentier congolais qu'il a accusé de bloquer intentionnellement la rémunération des militaires, des policiers, des agents et fonctionnaires de l'Etat du mois d'octobre dernier, pour dresser ces derniers contre le Chef de l'Etat.

QUID DES ATTAQUES CONTRE SELE YALAGHULI ?

Lorsqu'Augustin Kabuya accuse Sele Yalaghuli, de vouloir dresser l'Armée, la Police, les agents et fonctionnaires de l'Etat contre le Président de la république, nombre d'analystes décryptent autrement ces propos. Tout le péché du ministre des Finances serait lié à sa rigueur dans la gestion des finances publiques, en cette période particulière de crise économique mondiale, provoquée par la pandémie de Covid-19.

Par ailleurs, de nombreux autres analystes estiment que l'argentier national s'est attiré la foudre du parti présidentiel, pour avoir dénoncé le dépassement budgétaire constaté dans l'institution Président de la république. "Ils veulent faire croire à l'opinion que le ministre Sele Yalaghuli est incapable de mobiliser les recettes publiques. C'est une incongruité en cette période de récession économique mondiale qui secoue tous les pays. Ils racontent, sans apporter la moindre preuve, que le ministre Sele bloque les actions du Chef de l'Etat, en bloquant la rémunération des agents et fonctionnaires de l'Etat, au profit du paiement des primes aux membres de son cabinet. Qui pis est, les auteurs de ces accusations vont plus loin, jusqu'à alléguer que le ministre bloquerait le fonctionnement de certaines grandes entreprises publiques, en refusant de payer leurs créances", regrette un fonctionnaire du ministère des Finances.

Toujours est-il que dans cette croisade contre le ministre Sele Yalaghuli, des sources concordantes citées par notre confrère Africanews, soupçonnent un coup fourré au sein même du ministère des Finances ?

Imperturbable, Sele Yalaghuli craint cependant, sa survie et celle de toute sa famille, à la suite des menaces que lui brandissent ses bourreaux. Ainsi, à la suite des propos d'Augustin du mardi dernier, Sele se réserve le droit de porter l'affaire devant les instances judiciaires attitrées. Comme quoi, le bénéfice d'un Etat de droit ne saurait être le privilège d'un seul camp politique.

"Trop, c'est trop! Nous sommes arrivés à un moment où nous devons nous dire des vérités en face. J'ai entendu certains acteurs politiques dire qu'ils préfèrent une rencontre entre le Président de la république et son prédécesseur, sans les extrémistes de deux camps. Je réponds aux auteurs de cette suggestion en ces termes : pendant tout le temps où ils se permettaient des bêtises contre le Chef de l'Etat, où étiez-vous ? Vous êtes des corrompus et des hypocrites. Il faut avoir le courage de dire la vérité là où il le faut. Aucun chef de l'Etat à travers le monde, ne saurait tolérer des bêtises du genre de celles qui venaient de se passer pendant ces dernier temps contre le Président Félix Tshisekedi. Aucun Chef de l'Etat ! Mais, pour des intérêts matériels, les gens préfèrent se cacher derrière l'hypocrisie, là où ils sont censés dire la vérité"

Dans on adresse très circonstancié, Augustin Kabuya a rappelé des voyages qu'auraient effectués certains membres du FCC dans certains pays africains, pour, selon lui, diaboliser le président Félix Tshisekedi. "La semaine qui vient de s'achever (ndlr : du 2 au 8 novembre), les membres du FCC, je parle ici sans ironie ni parabole, je les pointes du doigt, ont effectué des tournées à travers certains pays africains, pour préparer un coup contre le Chef de l'Etat. Mais, ils l'ont fait de manière mensongère. Nous n'allons pas nous laisser faire. Je le dis. Donnez-moi le temps de vous dire la raison de notre rassemblement ici et nous en tirerons les conclusions. Lorsque nous avons signé l'accord avec le FCC, ce n'était pas un refuge de protection des criminels. Les assassins de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana doivent répondre de leurs actes", gronde Augustin Kabuya, sous les applaudissements frénétiques de la base du parti.

L'ACCORD N'ABSOUT PAS LE "PECHE"

Lorsqu'il évoque l'accord de cogestion du pays signé entre le FCC et le CACH, le Sg du parti présidentiel déclare que cette entente n'absout nullement tous les "péchés" de leurs partenaires commis par le passé. "(…) Nous ne pouvons jamais blanchir les gens au nom d'un quelconque accord politique. Les deux victimes citées ci-dessus ont leurs familles. Leur sang a été versé et les auteurs de ce crime doivent répondre. Ceux qui avaient tué Armand Tungulu doivent également répondre de leur acte. Ceux qui ont tué Rossy Mukendi et Thérèse Kapangala doivent répondre de leur acte. Nous voulons voir comment nombreux vont circuler dans ce pays sans être inquiétés. La Justice doit faire son travail", renchérit l'orateur dont les commentaires intempestifs de la foule tartinaient le propos.

Selon Augustin Kabuya, l'accord FCC-CACH n'a jamais été une prime au forfait. "Nous n'avons jamais signé un accord pour que les gens deviennent arrogants, au moment où ils ont pillé le pays pendant dix-huit ans. Leurs noms sont cités dans plusieurs rapports et ils n'ont aucune leçon à donner au Chef de l'Etat", poursuit-il.

Dans son speech, le secrétaire général de l'Udps est encore allé plus loin, évoquant les relations entre le président Félix Tshisekedi et feu l'ancien Chef de l'Etat angolais, Edouardo Dos Santos. "La semaine qui s'est achevée, ils (ndlr : les dignitaires du FCC) sont allés en Angola. Le Président Félix Tshisekedi, alors que feu Edouardo Dos Santos était encore au pouvoir, ne l'avait jamais rencontré. Ils ne s'étaient jamais tissé des liens d'amitié. C'est plutôt eux qui, au moindre problème, appelaient Edouardo Dos Santos au téléphone, pour venir les secourir militairement ici", rappelle Augustin Kabuya dans un élément sonore qui circule sur la toile.

Par ailleurs, Augustin Kabuya dit être à la fois surpris et étonné que le récent voyage de félix Tshisekdi au Congo-Brazzaville, ait été vu d'un autre œil. "(…) Mais, à notre grande surprise, le voyage que le Chef de l'Etat a effectué récemment au Congo-Brazzaville, le Président de la Guinée équatoriale était aussi là. Si eux s'entendaient avec l'ancien Chef de l'Etat angolais, où est le problème du Président Félix Tshisekedi ? Ils se sont organisés pour aller tromper le chef de l'Etat Lourenço, lui disant que Félix Tshisekedi était en train d'ourdir un complot contre vous. Mais si vous êtes forts, venez nous affronter au lieu de vous cacher derrière un autre président africain. Voilà pourquoi je déclare devant la presse que nous avons assez tolérer ces bêtises".

Dans sa colère, Augustin Kabuya ajoute que l'heure du pardon est désormais révolue. A présent, l'Udps est prête à tout affront. "Nous avons assez pardonné. Et vous allez à présent vous rendre compte que tout ce que ce que vous étiez en train de faire par le passé, nous vous regardions non pas parce que nous étions des bêtes. Nous étions plutôt en train de vous observer. Et, le peuple congolais n'est pas votre esclave. Si vous pensez que vous allez retourner au pouvoir pour faire souffrir le peuple congolais, il faut oublier ça. Le FCC n'est pas un modèle de gestion du pays ici en Afrique. Ils ont tué le pays et c'est connu de tout le monde. Ils ne se gênent pas et vous racontent des choses allant jusqu'à parler du débauchage. Qui débauche qui ? Peuvent-ils aujourd'hui, nous présenter la liste de tous les membres du MLC qui sont chez eux, si c'est Jean-Pierre Bemba qui les avaient envoyés là-bas."

Toujours en ce qui concerne la situation actuelle du pays, marquée par les consultations initiées par Félix Tshisekedi depuis le 2 novembre en cour, le secrétaire général du parti présidentiel rejette les accusations de débauchage portées contre leur parti, avant d'ajouter que ce qu'on semble leur reprocher est le modus operandi du FCC. "Leur mode de gestion, c'est le débauchage. Tous les membres de l'Udps qui sont là, est-ce nous qui les y avons envoyés ? Aujourd'hui, on dit qu'on est en train de débaucher des députés nationaux. Soyons sérieux. Les treize parlementaires, signataires de la lettre de 52 pages, qui les avait débauchés ? Un député national est un responsable politique. A un certain niveau, il prend conscience de la situation politique de son pays. Il n'a pas besoin que quelqu'un aille lui demander de changer de camp. C'est faux et archi-faux. Ils sont tous conscients de leur mauvaise gestion et les députés ne sont pas de gamins. Ce sont des responsables. Vous ne pouvez pas réduire les députés nationaux à un montant de 7000 $US. C'est injurieux. Les députés sont des gens qui voient comment la situation du pays va mal".

"ILS SE PREPARENT, NOUS AUSSI…"

Dans son harangue, Augustin Kabuya annonce aux combattants de leur parti qu'ils sont désormais prêts à tout affronter. "Vous voulez retourner au pouvoir. Mais il faut présenter un bilan. Vous avez commis plusieurs assassinats et crimes économiques. Vos noms sont cités dans le pillage de ce pays. Aujourd'hui, vous vous êtes organisés avec le ministre des Finances pour bloquer les paiements afin de dresser la Police, l'Armée et les fonctionnaires de l'Etat contre le Président de la république. Je vous dis que comme ils ont commencé cette affaire, nous sommes prêts pour répondre. Et certains d'entre eux vont prendre le chemin d'exil. Nous n'allons pas nous laisser faire. Je ne dis pas des choses pour plaire à qui que ce soit. Comme ils ont choisi cette voie, sans se rendre compte que sans l'UDPS, ils auraient subi le sort des Mobutistes le 17 mai 1997. Nous sommes prêts parce que nous sommes habitués à ça. Nombreux prendront le chemin d'exil. Ils comprendront que c'est nous qui les protégions"

S'agissant des élections générales anticipées suggérées par le FCC, l'Udps, par la bouche de son secrétaire général, dit s'en moquer. "Ils disent réclamer les élections générales anticipées. Mais je leur dirai ceci : depuis 2001, ils n'avaient jamais été votés. Nous les avons gagnés en 2011. Ils ont fait des intimidations au point de tuer un bon nombre de nos combattants. Le 26 novembre 2011, ils ont tué nos combattants à l'aéroport international de N'Djili. Après notre victoire, feu Etienne Tshisekedi avait été assigné en résidence. Ce qui a entrainé sa mort. Nous n'avons jamais oublié ça. Ils doivent faire très attention avec nous. Nous n'allons pas nous laisser faire. Ils se préparent, nous aussi".

Et d'ajouter : "Je ne suis pas un idiot. Le jour où j'ai dit que je n'irai pas dans les institutions, ils allaient se poser des questions pourquoi je ne suis pas allé. C'était justement pour répondre, avec toute notre équipe, à toutes les bêtises qui sont en train de se faire maintenant. Nous sommes prêts à les affronter. Lorsqu'ils étaient au pouvoir, nous avons eu à les affronter avec les mains nues. A combien plus forte raison aujourd'hui. Ecoutez, nous ne pouvons en aucun cas, avoir peur des élections anticipées. Au contraire, ils sont conscients que la fameuse majorité dont ils se vantent tant, est une majorité truquée. Ils ne l'ont pas méritée. Voilà pourquoi ils tremblent. Je parle bien du FCC et non de quelqu'un d'autre. Nous sommes prêts à les affronter".

Au cours de ce même discours où il ramasse tout, Augustin Kabuya évoque les relations tendues entre le Président de la république et le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba. "On ne peut se permettre d'importuner un Président de la république dont on connait bien le parcours politique comme s'il était leur ami. Dans quel pays du monde, quels que soient les accords politiques, a-t-on déjà vu Premier ministre attaquer un Chef de l'Etat devant les Cours et tribunaux ? Où avez-vous déjà vu ça ? C'est ça respecter l'accord ? La constitution qu'ils prétendent brandir à tout moment, sont-ils en train de la respecter ? Vous avez appris aujourd'hui que deux ministres FCC ont voulu voyager sans pourtant informer au préalable, le Président de la république. Nous sommes dans quel pays ? Que dit l'article 34 de la Constitution ? Tout voyage, qu'il soit officiel ou privé, le Chef de l'Etat doit être informé. Mais ils font beaucoup de bruit autour de la constitution. Est-ce que cette même constitution leur permettait de profaner les installations de l'Eglise catholique ? Eux pensent maitriser la constitution mieux que quiconque", s'interroge Kabuya, l'élément sonore en notre disposition faisant foi.

MISE EN GARDE DE HUMAN RIGHT RDC ET DU BCNUDH

Où va donc la RD Congo ? Jusqu'où ira le Secrétaire général du parti au pouvoir, avec ses discours que d'aucuns qualifient d'incitation à la violence ? Voila, des questions, parmi tant d'autres, enregistrées dans l'opinion, après le grand oral d'Augustin Kabuya devant les combattants massés le mardi dernier dans l'enceinte du siège national du parti à Limete.

Sortir ces propos de Kabuya de leur contexte, on tombe dans le prétexte. Le contexte est bien celui d'une crise politique. Et, lorsqu'Augustin Kabuya dit à haute et intelligible voix, que les hiérarques du FCC subiront le sort des Mobustistes de 1992, les Zaïrois de l'époque savent ce que cela signifie. Il s'agit de la fameuse chasse à la sorcière, imagée sous la formule "To yebi ndaku", littéralement traduite en : "nous connaissons la maison".

"Je ne vous retiendrai pas longtemps. Mon message est le suivant : comme ils ont cherché de problèmes, ils doivent vivre la situation de 1992. On ne peut pas excéder dans la bêtise. Ils ne sont pas différents de tous les Mobutistes qui sont allés en exil en 1997. Voilà pourquoi je dis : pour leur prouver que ce pays est sous contrôle de Félix Tshisekedi, la célébration de la journée de la base initialement prévue pour ce jeudi 12 novembre, est reportée à une date ultérieure. Ce samedi, nous allons organiser une grande marche pour montrer à la face du monde que la population congolaise est derrière les consultations initiées par le Chef de l'Etat", conclut-il.

Cependant, les propos d'Augustin Kabuya ont provoqué plusieurs réactions. Le Bureau conjoint des Nations Unies pour les droits de l'homme (BCNUDH) en RD Congo dit condamner fermement ce discours incendiaire du secrétaire général du principal parti au pouvoir au somment de l'Etat congolais qui, selon lui, sont de nature à inciter à la violence.

Par ailleurs, le BCNUDH met en grade contre de tels propos et appelle les acteurs politiques locaux de tous bords, à s'abstenir de discours pouvant porter atteinte à la paix et à la cohésion sociale. Pas tout. La même structure de la super Organisation planétaire note que les menaces contre les personnes et leurs biens sont contraires à la loi et aux exigences d'une société démocratique.

Aussi, le BCNUDH invite-t-il les dirigeants du pays à prendre des mesures préventives nécessaires et de sanctionner les auteurs de la violence, fut-elle verbale.

Une autre réaction est celle de Human Rights RD Congo qui met en garde contre des propos de cette nature et appelle les acteurs politiques, toutes obédiences confondues, de se garder de discours porteurs de gênes d'atteinte à la paix et à la cohésion sociale. Pour Human Rigths, les menaces contre les personnes et leurs biens sont contraires à la loi et aux exigences d'une société démocratique. Par conséquent, il invite les dirigeants congolais à prendre des mesures préventives qui s'imposent, avant d'appeler aux sanctions contre les auteurs des discours d'incitation à la violence.

Dans un Tweet, Constant Mutamba, cadre du FCC, note que "les propos d'Augustin Kabuya ne concourent pas à la recherche de la stabilité du pays tant recherchée. Diviser les Congolais pour des fins politiciennes était la pire erreur des années 90. C'est une voie dangereuse à ne pas suivre".

 

 Grevisse KABREL / forum des as

 

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