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SOCIÉTÉ

L'actualité sociale de la semaine en RDC

Des chercheurs de l’Institut supérieur de développement rural (ISDR/Bukavu) ont présenté, au cours d’une conférence organisée mercredi 15 février à Kinshasa, les résultats de leurs recherches. Celles-ci, menées depuis quelques années, sont le fruit de la collaboration entre ISDR/Bukavu et Wageningen University des Pays-Bas. Ces recherches portent sur trois programmes mis en œuvre en RDC. Notamment " Revenir à la réalité. Dynamique de gouvernance et changement social dans l’exploitation minière artisanale et à petite échelle en RDC ; Le consortium de recherche sur les moyens de subsistance et Les questions de genre en RDC ". Doctorante à Wageningen University, Gloria Nguya, a présenté les résultats de son étude menée sur " L’économie urbaine et les moyens de survie à l’Est du Congo, cas de Bukavu et de Goma ".

Ces enquêtes, Gloria Nguya les a effectuées d’octobre 2013 à mai 2015 à l’Est de la RDC, dans les provinces du Sud-Kivu, spécialement à Bunyakiri, Nindja, Lusenda et dans différents quartiers de Bukavu, et du Nord- Kivu (dans le camp de personnes déplacées Mugunga III à Goma).
" Ici, nous étudions les stratégies de subsistance et les mécanismes de survie adoptés par des personnes déplacées dans les zones urbaines, ainsi que leur réponse d’adaptation face aux menaces de fermeture des camps. Nous posons donc la question, comment les personnes déplacées parviennent-elles à subsister en RDC orientale ", a expliqué la chercheuse lors de sa présentation.
Tout ne fut pas qu’aisé pour Gloria Nguya. Car, a indiqué la doctorante, " si l’identification des personnes déplacées au Nord-Kivu s’est avérée un exercice facile, nombre d’entre elles résident dans les camps de la province. Cependant, il fut difficile, au Sud-Kivu où aucun camp n’a été établi. Par ailleurs, les personnes déplacées n’étant pas recensées en tant que groupe spécifique, il n’est pas possible d’accéder à des données à leur sujet ".

Mais Gloria Nguya n’est pas femme à reculer devant des difficultés. « Pour obtenir les informations sur les populations déplacées, nous sommes entrés en relation avec le personnel des ONG, les prêtres et pasteurs, et les personnes d’influence à l’échelle locale ou micro-locale, ainsi qu’avec les tailleurs et les propriétaires de petits restaurants et débits de boissons des quartiers défavorisés ", a-t-elle fait savoir.
Ainsi, les données furent recueillies à travers des entretiens, des observations participatives et non-participatives et des groupes de discussion auprès de 123 personnes déplacées (45 habitants de différents quartiers de Bukavu, 41 résidents du camp Mugunga III, et 37 femmes travaillant sur les marchés de Bukavu).
" Au cours de nos recherches, nous avons également visité les quartiers et villages de résidence des participants, passé du temps chez eux, et accompagné leurs déplacements sur le trajet du travail. Les conversations ont porté sur leur décision migratoire, leurs préoccupations quant à la scolarisation des enfants, l’organisation des repas, les activités de subsistance et les relations avec les voisins et l’environnement d’installation", a précisé la chercheuse.

LE BON VOISINAGE, UNE RESSOURCE MAJEURE
Selon Gloria Nguya, la plupart des personnes rencontrées à Bukavu vivent dans des quartiers défavorisés, loin de leurs familles et amis.
Et donc les connaissances et les nouveaux amis constituent des liens importants pour les personnes déplacées en raison des formes de soutien représentées par ce type de relations. La survie de nombreuses personnes déplacées dépend de leur capacité à trouver du travail. Le voisinage représente ainsi une ressource majeure, car ces personnes partagent un certain nombre de caractéristiques avec leurs voisins : pauvreté, manque de compétences, et perspectives d’emploi similaires.
Gloria explique que les femmes déplacées recourent souvent au menu commerce, car cette activité leur permet de générer un revenu journalier. Les marchés de Bukavu sont souvent décrits comme des systèmes lourdement régulés, discriminatoires envers les personnes pauvres et vulnérables. " Nous avons conduit des recherches sur quatre marchés, où nous nous sommes entretenus avec 37 femmes déplacées afin de comprendre la manière dont celles-ci négocient leurs conditions de subsistance dans cet environnement. "
A Bukavu, " il existe deux types de marchés : autorisés et non autorisés (" marchés pirates "). Les premiers sont gérés par un comité de marché nommé par la commune et la mairie de Bukavu, et sont réglementés par des réseaux de commerçants très protecteurs de leur marché et de la concurrence exercée. Les deuxièmes sont placés sous l’autorité d’un chef de quartier. Des taxes journalières, officielles et informelles, sont collectées sur les deux types de marché " fait-elle savoir.
Selon ces enquêtes, les femmes déplacées sont largement présentes sur ces marchés officiels, où elles se chargent des travaux les moins rémunérés en tant que marchands ambulants ou commerçants installés à même le sol.
De nombreuses femmes déplacées sont en mesure de travailler sur les grands marchés et de générer un revenu malgré la taille du marché et la concurrence qui s’y exerce, car elles s’adressent aux clients qui n’ont pas le temps d’entrer sur le marché pour réaliser des achats auprès des gros commerçants. Pour pouvoir acheter à crédit et subsister, il est important d’accéder aux marchés officiels par le biais de réseaux de commerçants.
Recommandations
Pour mieux venir en aide à ces personnes déplacées internes, Gloria Nguya a fait quelques propositions concrètes en guise de recommandations.
Ainsi, toute forme d’assistance aux personnes déplacées doit-elle tenir compte de leurs propres stratégies de progression du statut de migrant à une installation définitive en ville. À cette fin, un suivi étroit des activités, des situations de vulnérabilité et des besoins des personnes déplacées est nécessaire.
Les liens communautaires qui permettent aux personnes déplacées de s’intégrer dans leur nouvel environnement sont essentiels à leur subsistance. Il est toutefois important de proposer une assistance aux personnes qui ne disposent pas de tels liens ni des avantages associés.
Dans les villes, la gestion des droits de propriété relatifs aux terres acquises par les personnes déplacées et les autres résidents défavorisés doit devenir plus transparente.
La vulnérabilité des jeunes filles doit être prise en compte, et une assistance doit leur être proposée, en particulier s’agissant de la prévention des grossesses précoces et d’autres formes d’abus.
Un soutien sous forme de crédit à l’achat de marchandises est susceptible d’aider les femmes déplacées à accéder aux marchés et à assurer leur subsistance économique tout en prenant soin de leur famille. Une telle forme de soutien bénéficierait tout autant aux autres résidents défavorisés des zones urbaines.
Les fermetures de camps devraient être planifiées à l’avance, de manière à permettre aux personnes déplacées de se préparer et de se protéger.

Didier KEBONGO/ forum des as

 

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