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AFRIQUE

L'actualité de la semaine en Afrique

Le président malien sortant Ibrahim Boubacar Keïta a été officiellement déclaré vainqueur de l’élection présidentielle et entamera début septembre un deuxième mandat de cinq ans, dans un pays toujours confronté à la menace djihadiste malgré cinq années d’intervention militaire internationale.

« Je proclame élu » Ibrahim Boubacar Keïta, a déclaré dans la matinée la présidente de la cour constitutionnelle, Manassa Danioko, dont les décisions sont sans appel.

Au cours d’une audience retransmise à la télévision publique ORTM, elle avait auparavant rejeté toutes les requêtes introduites par le candidat de l’opposition, Soumaïla Cissé, les jugeant irrecevables ou infondées par manque de preuves.

M. Keïta, 73 ans, a obtenu 67,16 % des suffrages au second tour le 12 août, pour 32,84 % à Soumaïla Cissé, un ancien ministre des Finances de 68 ans, a annoncé la magistrate en ne retranchant qu’un centième au score du président sortant annoncé par le ministère de l’Administration territoriale jeudi dernier.

Avec ses 41,70 % des suffrages récoltés au premier tour, il disposait d’une confortable avance sur Soumaïla Cissé (17,78 %) lors d’un second tour qui n’a pas passionné la population, le taux de participation n’ayant été que de 34,42 % au second tour, selon la cour constitutionnelle.

M. Cissé, qui à la présidentielle de 2013 avait très rapidement reconnu sa défaite face à « IBK », avait cette fois rejeté « catégoriquement » les résultats provisoires, les qualifiant de « mascarade », « fruit pourri d’une fraude honteuse ». Selon ses propres calculs, il a « remporté cette élection avec 51,75 % des suffrages ».

« Nous rejetons ces résultats », a déclaré à l’AFP son bras droit, Tiébilé Dramé, dans une première réaction après l’arrêt de la cour. « La cour constitutionnelle a rendu un arrêt confirmant la fraude et la manipulation des résultats », a déclaré M. Dramé, joint par téléphone.

« Elle avait l’occasion de rendre un arrêt se fondant sur la vérité des urnes. Elle a préféré rendre service au régime », elle s’est « inféodée au pouvoir en validant le bourrage d’urnes et le trucage des résultats, sources d’instabilité », a-t-il ajouté, en précisant que M. Cissé s’exprimerait après la grande fête de la « Tabaski », comme on appelle en Afrique de l’Ouest l’Aïd el-Kebir, qui se déroulera mardi au Mali.

Cissé appelle à « résister »

Le chef de file de l’opposition a appelé ses partisans à « résister » au cours d’une manifestation ayant rassemblé samedi à Bamako un bon millier de personnes.

M. Keïta, qui s’est quant à lui jusqu’ici contenté de « remercier du fond du coeur » les Maliens sur sa page Facebook, devrait s’exprimer plus tard dans la journée.

Pour son second mandat, qui débutera le 4 septembre, il aura en priorité la lourde tâche de relancer l’accord de paix conclu en 2015 avec l’ex-rébellion à dominante touareg.

L’accord avait été signé après l’intervention de l’armée française qui, en 2013, avait repris le contrôle du nord du Mali, où les djihadistes avaient instauré la charia pendant un an.

Sa mise en oeuvre accumule les contretemps et n’a pas empêché les violences de se propager du nord vers le centre du pays et vers le Burkina Faso et le Niger voisins.

Loin de soulever les passions

Le scrutin à deux tours, qui s’est déroulé le 29 juillet et le 12 août, n’a pas passionné une population lassée par la persistance des attaques djihadistes, auxquelles se mêlent souvent des violences intercommunautaires.

Près de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, bien que le Mali soit redevenu le premier producteur africain de coton et que son économie enregistre une croissance supérieure à 5 % depuis plusieurs années.

Depuis plusieurs jours, la plupart des Maliens ont en outre l’esprit occupé par la recherche d’un mouton et la préparation de la « Tabaski ».

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à al-Qaïda, en grande partie chassés ou dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement. Malgré l’accord de paix, les violences ont progressé.

Dès l’annonce des résultats provisoires jeudi dernier, le président français Emmanuel Macron avait félicité par téléphone le vainqueur, provoquant la colère de l’opposition.

M. Macron avait « réitéré l’engagement de la France à se tenir aux côtés des autorités et du peuple malien pour surmonter le défi de la lutte contre le terrorisme et favoriser l’investissement et le développement économique », selon l’Élysée.

Avec le Devoir

 

 

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