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AFRIQUE

L'actualité de la semaine en Afrique

« Notre problème aujourd’hui, c’est le temps. » Dans la bouche d’un responsable gabonais, l’aveu est avant tout destiné à rassurer. « Les séquelles psychologiques de l’AVC [accident vasculaire cérébral] ne nous inquiètent plus, ce qui nous préoccupe désormais, c’est le temps de convalescence », assure cette source, sous couvert d’anonymat.

Si trois semaines après l’AVC d’Ali Bongo Ondimba (59 ans) à Riyad, en Arabie saoudite, un épais mystère continue de planer sur la santé du chef de l’Etat, au Gabon la vie politique commence à s’organiser sans lui. Dimanche 11 novembre, après deux semaines de silence, le porte-parole de la présidence s’est fait le messager de bonnes nouvelles très partielles, affirmant notamment que « les informations sur l’état de santé du chef de l’Etat sont extrêmement rassurantes ».

Selon Ike Ngouoni, « l’évolution positive s’est accélérée ces derniers jours » et, à en croire ses médecins, « le président est en phase de recouvrement de la plénitude de ses facultés physiques ». S’il est désormais question de « malaises », de « vertiges persistants », de « saignement justifiant une prise en charge médico-chirurgicale en secteur hautement spécialisé », le mot « AVC » n’est en revanche jamais prononcé.

Coma artificiel

La Lettre du continent et Jeune Afrique ont évoqué ces derniers jours une sortie du coma artificiel dans lequel était plongé le président gabonais afin de permettre la résorption de l’œdème cérébral, mais d’autres sources expliquent que « ces premiers signes positifs de réveil et d’activité cérébrale » ont été constatés le 29 octobre et que le patient a depuis été replongé dans le coma « pour favoriser la récupération de ses facultés ».

Si son état permet une évacuation de l’hôpital du roi Fayçal, à Riyad, trois destinations sont envisagées pour une convalescence à durée indéterminée : Londres, Paris et Rabat. « Les hôpitaux parisiens, c’est ce qui se fait de mieux sur le plan médical. Mais pour la tranquillité, Rabat reste le meilleur endroit », explique une source, comme pour indiquer la destination vers laquelle les responsables gabonais semblent s’orienter. Ali Bongo est depuis sa jeunesse un intime du souverain Mohammed VI et sa garde rapprochée est largement composée de sujets du royaume chérifien.

Quoi qu’il en soit, Libreville se prépare à gérer une longue absence, dont le premier enjeu pour le clan aux affaires est d’éviter que soit décrétée une vacance du pouvoir qui pourrait signifier la fin de cinq décennies de mainmise de la famille Bongo sur la présidence et les richesses naturelles du pays. Si tel était le cas, la présidente du Sénat devrait assurer un intérim avant que soit organisée une élection présidentielle, dans un délai maximum de 60 jours.

Tour de passe-passe

Pour éviter ce scénario, la présidente de la Cour constitutionnelle, Marie-Madeleine Mborantsuo, a joué une fois de plus la partition qui lui avait été demandée. Déjà en 2009 puis en 2016, cette ancienne maîtresse de feu Omar Bongo, avec qui elle a eu deux enfants, avait validé l’élection puis la réélection, toutes deux contestées, d’Ali Bongo.

Cette fois, sur requête du premier ministre, Mme Mborantsuo, avec les autres magistrats de la cour, s’est autorisée à « combler » une« lacune » de la Constitution en permettant, mercredi 14 novembre, qu’« en cas d’indisponibilité temporaire du président […] certaines fonctions […] peuvent être exercées, selon le cas, soit par le vice-président de la République, soit par le premier ministre ». Ainsi le vice-président, Pierre-Claver Maganga Moussavou, devrait convoquer un conseil des ministres d’ici à la fin de semaine, sans en avoir reçu l’autorisation par le chef de l’Etat, comme le prévoyait la Constitution.

« Nous avons eu pire à gérer par le passé. Pendant deux ans, le président Léon Mba [1961-1967], qui souffrait d’un cancer, avait dirigé depuis la France ; et la nomination du vice-président [en l’occurrence Omar Bongo] avait été faite à l’ambassade à Paris. Puis il y a eu la mort d’Omar Bongo en 2009 », minimise une source proche du pouvoir.

Réplique de l’opposition : « Tout cela est grossier. Pour modifier la Constitution, il faut un référendum ou que le Parlement se réunisse en congrès. La Constitution ne convient pas, alors ils la changent à leur guise. Les militaires n’auraient pas fait mieux. C’est un coup d’Etat ! »,s’insurge Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, un cadre de l’Union nationale, fort dépourvu lorsqu’il s’agit de trouver une parade à ce tour de passe-passe constitutionnel. « Qui peut faire quoi face à cela ? » convient l’opposant avec dépit.

Cyril Bensimon / le monde

 

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