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AFRIQUE

L'actualité de la semaine en Afrique

La ministre française des Armées, Florence Parly, en tournée dans le Sahel, a prôné lundi la patience dans la guerre contre les jihadistes, tout en annonçant le coup d’envoi d’une opération de l’Opération Barkhane dans la zone des trois frontières Burkina-Mali-Niger.

“Nous mettrons du temps à vaincre ces groupes qui prospèrent sur les difficultés sociales et économiques des pays sahéliens”, a estimé Mme Parly au Centre opérationnel interarmées de la force française Barkhane, à N’Djamena, première étape de sa tournée qui se déroule dans un contexte sécuritaire tendu après la mort d’un soldat français, de 51 militaires maliens et d’un député-maire burkinabè et ses trois accompagnateurs. 

“C’est un combat dans lequel il faut faire preuve de patience”, a martelé la ministre. “Barkhane ne s’enlise pas. Barkhane s’adapte en permanence (…), il faudra encore du temps pour construire cette résilience des forces locales. Notre engagement au Sahel est et reste une priorité pour la France”. 

Elle s’est ensuite envolée pour Ouagadougou où elle a rencontré le président Roch Marc Christian Kaboré. 

“Nous avons évoqué la situation régionale en particulier sous l’angle sécuritaire. J’ai également eu la possibilité de partager avec la président, au-delà des événements tragiques des derniers jours, les progrès qui ont été réalisés dans la lutte contre le terrorisme, des progrès qui sont le fait de la collaboration très efficace entre Barkhane et les forces armées burkinabè”, a-t-elle dit.

Elle a annoncé le lancement “aujourd’hui (lundi) même de l’opération Bourgou 4, conduite par Barkhane mais avec la participation éminente de deux compagnies burkinabè et qui va se dérouler dans la zone des trois frontières, qui est la zone dans laquelle on doit porter l’effort”.

“Le combat continue, il doit continuer, c’est un combat de longue haleine que nous devons mener ensemble contre le terrorisme”,  

Hommage aux forces spéciales

L’opération française, lancée en août 2014, mobilise 4.500 militaires français dans la bande sahélo-saharienne, en soutien aux armées nationales qui combattent des jihadistes affiliés au groupe Etat islamique (EI) ou à Al-Qaïda.

La ministre a ensuite rendu visite aux quelque 200 membres des Forces spéciales françaises de la Task Force Sabre. Elle s’est notamment recueillie devant la stèle dédiée aux membres des forces spéciales tués au Sahel depuis 2013.

Les noms des maitres Alain Bertoncello et Cédric de Pierrepont, décédées en mai en libérant deux otages français enlevés au Bénin (ainsi qu’une Américaine et une Sud-Coréenne) ont été ajoutés à la liste. 

La ministre devait quitter Ouagadougou dans la soirée pour se rendre au Mali, dernière étape avant de rentrer en France. 

“Ce voyage se tient dans un contexte sécuritaire extrêmement difficile”, avait déclaré à l’AFP la ministre dans l’avion l’emmenant à N’Djamena, deux jours après la mort, samedi, d’un soldat français tué par un engin explosif dans le nord-est du Mali, un attentat revendiqué par une branche locale du groupe Etat islamique.

Le brigadier Ronan Pointeau, 24 ans, “s‘était distingué par sa vaillance, son talent et son enthousiasme (…), nous devons continuer le combat auquel (il) a consacré sa vie, jusqu‘à la donner”, a déclaré Mme Parly devant les militaires de Barkhane.  

“Et je veux avoir une pensée pour les militaires maliens tombés lors de l’attaque” à Indelimane vendredi, “eux aussi paient lourdement le prix du sang dans ce combat”, a poursuivi la ministre. Au moins 51 soldats maliens ont été tués vendredi et samedi: 49 dans l’attaque d’un camp militaire à Indelimane, dans le nord-est, également revendiquée par l’EI, et deux samedi dans le centre du Mali.

Les violences jihadistes persistent dans le nord du Mali, six ans après l’intervention militaire française Serval, à laquelle a succédé l’opération Barkhane. Elles se sont propagées au Burkina Faso et au Niger voisins.

Quatre personnes, dont le député-maire de Djibo, une grande ville du nord du Burkina Faso où les jihadistes multiplient les attaques, ont été tuées dimanche dans une embuscade, non loin d’un camp de l’armée que 70 soldats français de Barkhane avaient contribué à renforcer en septembre.

Les armées nationales des pays sahéliens, parmi les plus pauvres au monde, semblent incapables d’enrayer la progression des attaques malgré l’appui de troupes étrangères, notamment des militaires français.

AFP

 

 

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