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Le gouvernement syrien empêche le retour de déplacés dans d’anciennes zones tenues par les rebelles autour de Damas et dans la capitale, en imposant des restrictions d’accès ou en détruisant les logements, a affirmé mardi Human Rights Watch (HRW).

 

Selon l’ONG, des Syriens essayant de regagner leur ville de Deraya, dans la banlieue de Damas, ou le quartier de Qaboun, dans la capitale, ont été bloqués ou ont découvert leur bien démoli.

Ces deux secteurs sont concernés par une loi controversée adoptée en mai qui permet au régime de saisir des propriétés privées pour les besoins de projets immobiliers.

«Apparemment, sous couvert d’une loi (...) sur les droits de propriété, le gouvernement syrien bloque le retour des habitants», a indiqué la directrice adjointe de HRW pour le Moyen-Orient, Lama Fakih.

«En détruisant leurs maisons et en limitant l’accès à leurs propriétés, le gouvernement syrien montre que, malgré le discours officiel invitant les Syriens à rentrer +à la maison+, il ne veut pas le retour des réfugiés ou déplacés», a-t-elle affirmé.

Le reprise de Deraya par les forces gouvernementales en août 2016 avait provoqué de larges déplacements de population, vivement critiqués.

Selon des images satellitaires analysées par HRW, les démolitions ont continué dans le quartier de Qaboun, même après la fin des combats avec les rebelles, en mai 2017.

Cela indique que le gouvernement «viole ses obligations en termes de garantie de la liberté de mouvement», a assuré HRW.

«L’ampleur des démolitions, et le fait que le gouvernement a repris ce secteur depuis au moins un an, montrent que ces destructions sont probablement disproportionnées et pourraient être des crimes de guerre», a ajouté Mme Fakih.

La guerre qui ravage la Syrie depuis 2011 a forcé plus de cinq millions de personnes à fuir à l’étranger, et fait six autres millions de déplacés.

En vertu du «décret N.10» sur l’expropriation, les personnes délogées courent le risque de ne bénéficier d’aucune contrepartie si elles sont dans l’incapacité de prouver leur droit de propriété dans les 30 jours suivant le lancement officiel du projet urbain.

Nombreux sont ceux ne disposant plus des papiers nécessaires, voire des ressources juridiques et financières nécessaires, selon des organisations de défense des droits de l’Homme.

Afp/ Libération

 

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