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EUROPE

L'actualité de la semaine en Europe

Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi (g.) à l'Elysée en décembre 2007.REUTERS/Patrick Hertzog/Pool/File Photo

En France, l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, est, depuis ce mardi matin 20 mars, entendu dans les locaux de la police judiciaire à Nanterre. Il est interrogé sur des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007 et cette garde à vue peut durer 48 heures.

L’ancien président Nicolas Sarkozy est un homme toujours très actif, multipliant les conférences de par le monde, mais aussi très présent sur la scène politique française, recevant régulièrement les ténors de la droite à son bureau parisien, rue de Miromesnil. Mais ce matin, c’est un rendez-vous avec la justice que Nicolas Sarkozy a du honorer. Un de plus.

Rattrapé par le dossier libyen

Après avoir été mis en examen dans l'affaire Bygmalion, puis dans l'affaire des écoutes, il est cette fois-ci rattrapé par le dossier libyen. C'est la première fois qu'il est entendu à ce sujet depuis l'ouverture d'une information judiciaire en avril 2013.

Un dossier qui n'a cessé de s'étoffer. En novembre 2016, le sulfureux intermédiaire Ziad Takieddine affirme avoir transporté 5 millions d'euros en espèces de Tripoli à Paris pour les remettre à Claude Guéant et Nicolas Sarkozy début 2007. Des propos confirmés par Abdallah Senoussi, l'ancien directeur du renseignement militaire du régime Kadhafi.

 

Enfin, les carnets de l'ancien ministre libyen du pétrole Choukri Ghanem, récupérés par la justice française, mentionnent également des versements d'argents au candidat Sarkozy.

Nombreux documents

Depuis plusieurs semaines, les enquêteurs disposent aussi de nombreux documents saisis au domicile d'un autre intermédiaire, Alexandre Djouhri. Cette garde à vue signifie donc peut être que la justice a rassemblé suffisamment de preuves d'un financement illicite de la campagne de 2007. Et à l'issue de cette audition, Nicolas Sarkozy pourrait être présenté aux juges afin d'être mis en examen.

Mais l'ex-chef de l'Etat n'est pas le seul ancien du quinquennat à être éclaboussé par cette affaire libyenne. Dans les mêmes bureaux de la PJ de Nanterre, son ami Brice Hortefeux, à l'époque ministre de l'Intérieur, est lui aussi entendu, mais en audition libre.

Prudence dans la classe politique

Cette nouvelle garde à vue est très commentée depuis ce matin dans la classe politique. Dans le camp de l'ancien président, les ténors des Républicains ne se bousculaient pas pour répondre aux journalistes. « Il a été très souvent sali mais il a été encore plus blanchi » riposte Nadine Morano quand Damien Abad appelle à la prudence. « Il faut laisser la justice faire son travail », répètent-ils en bloc.

A droite, à gauche et au sein de la majorité, on reste aussi prudent. Le Premier ministre Edouard Philippe s'est contenté de parler de son rapport humain avec Nicolas Sarkozy. « J’ai parfois eu avec lui des relations difficiles. Elles ont toujours été respectueuses. A chaque fois que j’ai eu des contacts avec lui depuis que je suis Premier ministre, ils ont été emprunts d’un sceau de respect mutuel. Je n’ai aucun commentaire à faire sur la procédure judiciaire. »

Rattrapé par les affaires

Six ans après avoir quitté le pouvoir, Nicolas Sarkozy est encore une fois ramené à ses casseroles judiciaires. Il avait pourtant su trouver une place de choix pour sa retraite. Son bureau reste un passage obligé pour les ténors de la droite. Il se voyait bien dans la peau du vieux sage, retiré du jeu politique mais jamais bien loin des arrières cuisines de son parti.

Il a été vu au Sénat pour parler de la révision constitutionnelle de 2008, dans la presse pour une campagne contre le cancer des enfants ou à la télévision pour partager ses goûts littéraires ou encore sa passion pour le sport. Mais ce mardi matin, il est donc de retour dans l'actualité judiciaire.

Avec RFI

 

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