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1. Contraintes morales : choisir son fils ou un udépésien comme Premier ministre. 2. Contraintes politiques : partager le Pouvoir avec la Majorité, mais surtout avec des Opposants qui l’avaient boudé en 2011, membres du G7 compris. 3. Contraintes constitutionnelles : cautionner la nomination du Premier ministre par le Président Joseph Kabila et l’investiture de son gouvernement par des députés nationaux sur lesquels il n’a aucune emprise, gouvernement soumis à la sanction d’un Sénat présidé par un certain Léon Kengo dont il disait, dans une interview à Colette Braeckman le 30 novembre 2011 : «Quant à Kengo wa Dondo, il fait partie de ces hommes que j’ai toujours combattus…». 4. Contraintes «populaires» : la rue. Ayant payé le prix le plus fort en exécutant des mots d’ordre du comité des Sages de «Rassemblement», elle découvre aujourd’hui à ses dépens qu’elle n’a servi que de marchepied et de chair à canon pour amener et/ou ramener aux affaires des Opposants prétendument «purs et durs». Vraisemblablement, en majorité, ces derniers caressent le lider maximo dans le sens du poil en le sachant dans une situation inconfortable…

«Nous pensons, nous acceptons même que l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social(UDPS) puisse nous proposer un candidat Premier ministre (…). Nous espérons que tous les amis comprendront que nous avons intérêt à ce qu’un Premier ministre sorte d’un parti fort.

Et le premier de ces partis, c’est l’UDPS. Il faut être malhonnête pour ne pas reconnaître qu’Etienne Tshisekedi a un poids Intuitio personae qu’on ne peut distinguer du président de l’UDPS. Il faudra qu’un jour que ce pays lui donne ce qu’il mérite et entre au panthéon de l’histoire».

L’homme qui tient ces propos, c’est Pierre Lumbi. Jusqu’en septembre 2015, il exerçait les fonctions de conseiller spécial du Président Joseph Kabila en matière de sécurité et «trônait» sur le Msr, deuxième force politique de la Mp et dont l’initiateur, laisse-t-on entendre, est le Raïs en personne, à l’instar naturellement du Pprd. Un proche de la famille relève que le Chef de l’Etat voulait avoir deux piliers pour son action.

Le politique (Pprd) et l’économico-social (Msr).

Même quand Pierre Lumbi ajoute en faveur d’Etienne Tshisekedi : «Il n’y a ni guerre, ni mésentente sur la primature. […] Lorsque nous, le G7, disons que nous faisons confiance à l’UDPS, cela ne veut pas dire que nous allons accepter n’importe quelle personne qu’on va nous donner ; nous allons discuter et une option sera levée…», il ne rassure guère. Tout analyste politique avisé ne peut que douter de son soutien.

Quand on sait de Pierre Lumbi qu’il a été l’une des têtes pensantes de la Société civile au cours de la Transition 1990-1997 et que, de ce fait, il doit avoir une connaissance large du «combat» du président national de l’Udps, le rattrapage auquel il s’exerce suscite à juste titre méfiance.

Il n’est pas seul dans le dithyrambe.

Le même week-end du 6 au 8 janvier 2017, un véritable apparatchik du régime Mobutu, le député national Gilbert Kiakwama, y est allé avec sa prose. C’est vrai qu’il n’y pouvait rien puisqu’en qualité de modérateur, il a juste lu la déclaration politique de «Dynamique», sa plateforme. Témoignage éloquent, ces extraits : «Pour faire face à la machine de répression qui s’était installée dans le pays, la Dynamique a levé la sage option de participer activement, en juin 2016, à la Conférence de GENVAL initiée par le Président Etienne Tshisekedi wa Mulumba, leader historique de l’opposition congolaise, en vue de sceller l’unité des forces politiques et sociales acquises au changement autour des objectifs communs par l’organisation notamment, des actions pacifiques sur terrain ». Ou encore : «C’est pourquoi, au moment où les acteurs politiques congolais, toutes tendances confondues, s’emploient pour la mise en œuvre effective de l’accord historique du Centre interdiocésain signé le 31 décembre 2016, la Dynamique de l’opposition : - Félicite et remercie le Président Etienne Tshisekedi wa Mulumba, Président du Conseil des Sages du Rassemblement pour sa lutte politique, sa clairvoyance et son engagement sans faille à l’instauration d’un Etat de droit dans notre pays» !

L’homme qui lit cette déclaration est sur la scène politique depuis une quarantaine d’années. A l’avènement de la Transition le 24 avril 1990, il rejoint l’Udi (parti politique constitué essentiellement de technocrates du Mpr Parti-Etat) présidée par Léon Kengo. C’est ce parti, malmené par Etienne Tshisekedi pendant la Cns, qui va récupérer la primature en 1994.

Son rêve est encore menacé…

La politique étant dynamique, il est normal de voir des proches de Joseph Kabila certains depuis 2001, d’autres depuis 2006 basculer dans l’Opposition en septembre 2015. Cas des fondateurs du G7. Tout comme il est normal de voir les Opposants au Raïs se bousculer au portillon pour briguer la primature ou simplement entrer au Gouvernement et qu’ils se mettent tous à déifier le lider maximo ! Cas de Félix Tshisekedi et Delly Sessanga. Après tout, c’est inscrit dans l’ADN des Congolais.

Seulement voilà : Etienne Tshisekedi - peu importe qu’il ait les vertus du Bordeaux nouveau depuis son sacre à Genval - est dans une situation inconfortable. Celle résumée dans le chapeau (contraintes morales, politiques, constitutionnelles et «populaires»).

Les Opposants qui le poussent cependant à désigner un udépésien au poste de Premier ministre (la majorité se prononce pour son fils Félix Tshisekedi) connaissent très bien l’histoire de la transition conflictuelle des années 1990-1997. Dans ce pays spécialisé dans l’art de l’éternel recommencement, une transition semblable pour la période préélectorale et électorale 2017 est à redouter.

Pousser alors Etienne à «parrainer» toute primature qui dégénérait aurait pour effet de l’atteindre dans sa dignité.

Déjà, Eve Bazaïba choisit ce moment pour lui arracher le seul poste où il peut se sentir plus ou moins à l’aise, quand bien même il n’est nullement protégé par la Constitution : la présidence du Conseil National de Suivi de l’Accord.

Que va-t-il lui reste-t-il ? Ou que va-t-on lui laisser ?

On ne serait pas étonné de l’entendre «un de ces quatre» dénoncer le complot dont il est victime de la part des «ennemis du peuple», entendez les forces politiques et sociales congolaises ainsi que les puissances occidentales qui l’ont entraîné dans le schéma «Bruxelles-Genval». On ne serait pas surpris d’apprendre que le G7 n’a été qu’une engeance kabiliste «montée par les forces du mal» pour l’éloigner de son «peuple d’abord».

Dans cette perspective, on réalise combien les membres de «Rassemblement» doivent trembler à l’idée d’être désavoués par le président du comité des Sages qui, jusque-là, rêve légitimement de devenir Président de la République.

Or, à 85 ans d’âge, son rêve est encore menacé par un certain candidat à la présidentielle 2015 dénommé Moïse Katumbi et dont le lobbying en Occident se fait sur fond du Katanga minier. D’ailleurs, le soutien du G7 à une primature udépésienne pourrait bien y trouver explication.

De quoi alors sera constitué le lobbying, toujours en Occident, du lider maximo ?

C’est là, hélas !, la 5ème contrainte…

Avec Digitalcongo.net

 

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