Le contexte national renforce, selon lui, l’inopportunité du texte. Alors que l’Est du pays reste en proie à l’insécurité, que l’État ne contrôle pas une partie de son territoire et que des millions de Congolais sont déplacés, « la priorité ne peut pas être de réécrire la Loi fondamentale ». Organiser un référendum dans ces conditions risquerait d’aggraver les divisions et d’offrir un argument supplémentaire à ceux qui remettent en cause l’intégrité territoriale du Congo.
S’adressant directement aux sénateurs, Kalonda les invite à assumer pleinement leur rôle. « Le Sénat est la chambre de la sagesse et de l’équilibre des provinces », rappelle-t-il. Il refuse que la chambre haute se contente d’entériner une décision prise ailleurs et les met en garde contre le risque d’« ouvrir la boîte de Pandore ». Chaque vote, insiste-t-il, engagera la responsabilité historique de ceux qui l’exprimeront.Au président de la République, il rappelle qu’il garde le dernier mot. Après avoir renvoyé le texte une première fois, Tshisekedi dispose encore de la possibilité de ne pas le promulguer. Kalonda l’appelle à « rester du côté du peuple » et à « sortir par la grande porte », plutôt que de franchir une étape qu’il juge lourde de conséquences.
Enfin, le sénateur prend le peuple congolais à témoin. Il invite les citoyens à retenir les noms des parlementaires qui voteront en faveur du texte, de ceux qui s’y opposeront, ainsi que celui de l’autorité qui pourrait le promulguer. Pour lui, la Constitution n’appartient ni à un parti ni à un individu, mais à l’ensemble de la Nation.Cette nouvelle sortie de Salomon Kalonda s’inscrit dans la continuité de la lettre ouverte qu’il avait adressée au président dès le 15 juin dernier, dans laquelle il qualifiait déjà l’initiative de « faute historique ». Entre-temps, le texte a poursuivi son parcours institutionnel, sans apaiser les inquiétudes de l’opposition, qui y voit toujours une porte ouverte à un changement constitutionnel favorable au maintien au pouvoir de Félix Tshisekedi au-delà de 2028.
Le Sénat doit désormais se prononcer en seconde lecture. La suite de la procédure — et le choix final du chef de l’État — décidera si la République démocratique du Congo s’engage ou non sur la voie d’un référendum qui, pour une partie de la classe politique, met en jeu les équilibres fondamentaux du pays.
Pascal Kwilu
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