Avant tout, il faudra reconnaître que la traversée tardive en a été pour beaucoup dans ce qu’ont vécu les Congolais sur l’autre rive du fleuve Congo. Le bateau de la délégation a accosté sur la côte Brazzavilloise à moins d’une heure du coup d’envoi. Ajouter à cela, le temps que devrait prendre les formalités administratives à la frontière. Mais surtout le bras de fer avec les forces de l’ordre du pays de Sassou.

Bien que les autorités avaient déjà pris des dispositions pour conduire les supporters au stade Massamba Débat, ces derniers ont été stoppés par la police dès la sortie du beach. Les obligeant à se rendre à l’ambassade congolaise de Brazza. Comme quoi, le stade serait déjà plein à craquer. Une raison jugée non fondée par la délégation congolaise car l’ambassade avait réservé plus au moins 500 places pour les arrivants.

Pendant que les dirigeants tentaient de convaincre les forces de l’ordre, tous les congolais sont descendus des bus et ont bravé les barrières des policiers pour se rendre au stade en marchant. En chantant, tous ont pris le chemin menant à Massamba Débat sous l’encadrement des agents.

Un peu plus loin, c’était encore une barrière des policiers. Ces derniers munis des chars d’eaux chaudes ont réussi à contraindre les marcheurs à changer d’itinéraire. Plus le stade mais l’ambassade.

Desordre généralise même au stade

Arrivé à l’ambassade, la délégation venue fraîchement de Kinshasa rencontre sur place un autre groupe. C’était une compilation de ceux qui résident déjà à Béa la verte et ceux qui sont arrivés un peu plus tôt.

A l’instar de ceux qui ont traversé le même jour, l’accès au stade pour ceux qui sont arrivés, deux ou trois jours avant, a également été un parcours de combattants. Leurs témoignages en disaient long sur le calvaire vécu à Brazzaville pour le match d’hier soir.

Paul Kazozo, journaliste sportif parti un peu plus tôt racontait une scène qui faisait penser à une émeute. "Nous sommes arrivés depuis 10h au stade pour espérer des places. Mais à notre grande surprise, les réactions des forces de l’ordre semblaient nous viser. Nous qui venions de Kinshasa", déclarait-il.

De son côté Olivier Sefu aussi parti plus tôt a fustigé le même désordre. " On est des journalistes. Nous avons demandé des accréditations dans le délai. Mais elles nous ont été refusées. Nous avons voyagé et payé notre billet normalement. Mais lorsque nous sommes arrivés au stade, le désordre qu’il y avait là, est impossible à décrire. Les kinois étaient interdits d’entrer au stade", se plaignait-il.

Est-ce un signe indien ?

Toutefois, la sélection rd-congolaise aura connu un dimanche très difficile en dépit de tout ce qu’auront subi ses supporters. Elle a joué un match avec intermittence suite à une pluie battante. Heureusement pour eux que malgré toutes ces tensions, ils ont à défaut d’un succès ramener un petit point.

Bahati Kasindi/Forum des As