Twitter, Facebook et WhatsApp ont été bloqués, l'armée déployée, après quatre jours de contestation. Le peuple s'insurge contre la volonté de Pierre Nkurunziza de se présenter à nouveau à l'élection présidentielle malgré la limitation constitutionnelle à deux mandats.
Au quatrième jour des manifestations à Bujumbura depuis l’annonce de la candidature du président sortant, le site de l’hebdomadaire Iwacu relate que “les manifestants ont érigé des barricades sur plusieurs avenues du quartier, dont l’avenue de l’Imprimerie (communément appelée avenue de la Mort) et l’avenue Muyinga”. Selon le journal, les banderoles portées par les jeunes arborent comme slogans : “Non au 3e mandat” ou encore “Polisi turekere uburenganzira bwacu” (Police, laisse-nous exercer nos droits). “Sur l’avenue de l’Imprimerie, une centaine de jeunes, sifflets à la bouche, marchent en scandant des slogans anti-3e mandat”, raconte Iwacu. Le journal, citant le chef d’état-major et le directeur général de la police, dresse un bilan : “Deux morts et six blessés du côté des manifestants et trente-sept policiers blessés.”
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“Le président burundais, Pierre Nkurunziza, s’est résolu à entrer par la grande porte dans la grande famille des dictateurs confirmés. Sourd aux appels à la responsabilité, il a décidé de franchir le Rubicon, en briguant un troisième mandat. Visiblement, il n’a que faire de l’impopularité de sa décision, encore moins de son illégalité. Et, comme pour mieux faire comprendre qu’il ne plaisante pas, il jette toutes ses forces dans la répression des Burundais qui osent lui demander d’entendre raison. La brutalité de ses sbires a déjà laissé des morts sur le carreau. L’apôtre Pierre Nkurunziza a visiblement oublié certains des préceptes les plus sacrés qu’il a déjà certainement prêchés à ses ouailles. On pourrait rappeler à son tour au chef de l’Etat burundais la nécessité de ne pas continuer sur ce chemin qui mène à la perdition. Alors, pasteur Nkurunziza, souviens-toi de ceci : tu ne tueras point !” Et le journal de conclure : “La communauté internationale doit agir vite et avec fermeté.”
Courrier International
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