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AFRIQUE

L'actualité de la semaine en Afrique

La police a de nouveau tiré mardi à Johannesburg des gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes pour disperser des étudiants réclamant une éducation gratuite pour tous, un mouvement national de contestation qui agite depuis deux semaines les universités sud-africaines.

Les échauffourées ont éclaté mardi sur le campus de la prestigieuse université de Wits, à Johannesburg, où les cours devaient reprendre après deux semaines d'interruption.

"Il y a eu des tentatives de perturber les cours à Wits aujourd'hui. La police disperse actuellement les étudiants avec des gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes", a indiqué l'université dans un communiqué.

Plusieurs policiers et étudiants ont été blessés lors de ces heurts, selon des images diffusées par la chaîne de télévision sud-africaine ANN7.

"L'université veut nous arrêter au lieu de nous écouter", s'est indigné un étudiant en droit, Patrick Shabalala, 21 ans. "Nous voulons étudier et ne pas avoir à rembourser des prêts sans fin au gouvernement. C'est la raison pour laquelle on manifeste", a-t-il expliqué à l'AFP.

"Nous avons des examens très bientôt, mais si on ne se bat pas, on aura le même problème l'an prochain", a estimé une autre manifestante, Phelokazi Caluza.

Le 19 septembre, le gouvernement sud-africain avait donné son aval à une augmentation des frais universitaires limitée à 8%, soit une hausse supérieure à l'inflation annuelle de 6%. Cette décision a déclenché de nouvelles manifestations sur les campus, un an après un mouvement similaire qui s'était soldé par un gel des frais universitaires pour 2016.

Lundi, le président sud-africain Jacob Zuma a prévenu que la police avait reçu l'ordre "d'arrêter ceux qui profitent des doléances sincères des étudiants pour commettre de graves infractions sur les campus".

"Les problèmes de financement de l'éducation ne peuvent pas justifier la violence et les destructions de biens", a-t-il insisté.

Les manifestants réclament une éducation gratuite pour tous, conformément, selon eux, à la Charte sud-africaine des libertés.

La plupart des exigences de ce document clé - adopté pendant l'apartheid en 1955 par le Congrès national africain (ANC), aujourd'hui au pouvoir - sont incluses dans l'actuelle Constitution du pays.

Mais l'interprétation de la Charte varie. L'ANC affirme ainsi qu'elle ne prévoit pas en tant que telle l'éducation gratuite pour tous, mais seulement pour les "pauvres".

Elle "stipule que l'enseignement universitaire (...) doit être ouvert à tous avec des aides d'Etat et des bourses sur la base du mérite", a déclaré lundi le secrétaire général de l'ANC, Gwende Mantashe.

Le gouvernement s'est engagé à prendre en charge pour 2017 l'augmentation des frais universitaires pour tous les étudiants issus de foyers gagnant moins de 600.000 rands par an (40.000 euros).

Avec AFP

 

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