Le New York Times révèle que le bureau du procureur du district de Manhattan, Cyrus Vance, qui enquête sur la fiscalité de Donald Trump, a assigné à comparaître la Deutsche Bank, son prêteur de longue date. C’est un signe que l’enquête criminelle sur les pratiques commerciales de Trump est plus vaste qu'on ne le pensait.
L'enquête criminelle semblait initialement se concentrer sur les paiements secrets de Trump, en 2016, à deux femmes avec qui il a eu des relations sexuelles. Le dossier déposé cette semaine, par les procureurs fédéraux de New York, suggère que l’enquête est maintenant étendue à la «Trump Organization» et porte sur d'éventuels crimes impliquant des fraudes bancaires et d'assurance. Michael D. Cohen l’avocat et homme de confiance de Trump, maintenant derrière les barreaux, avait déclaré sous serment au Congrès que Trump avait exagéré la valeur de ses actifs immobiliers alors qu'il cherchait des prêts et dans ses relations avec sa compagnie d'assurance.
La justice s’intéresse manifestement aussi aux liens entre Trump, la Deutsche Bank et la Russie. La question est posée par la plupart des médias américains depuis plus de quatre ans: qu’est-ce que Poutine peut bien avoir sur Trump pour le faire chanter? Des affaires de femmes ont été évoquées. J’y ai déjà consacré un blogue.
La sujétion de Trump face à la Russie est incroyable. Quelques exemples. Il n'a jamais critiqué la Russie pour son ingérence dans les élections de 2016, même si les services de renseignement américains l’ont confirmé. Il a préféré croire le démenti de Poutine. Il a refusé d'approuver les sanctions contre Moscou imposées par le Congrès et a suggéré que la Russie avait parfaitement le droit de s'emparer de la Crimée. À cinq reprises, Trump a refusé de divulguer ses conversations en tête-à-tête avec Poutine. Non seulement le secrétaire d'État et le conseiller à la sécurité nationale n'ont pas été inclus dans ces appels téléphoniques privés, mais ils n'ont pas été informés des sujets abordés.
Le New York Times affirme que la Deutsche Bank s'est conformée à l'assignation et a fourni aux enquêteurs des états financiers détaillés et d'autres documents soumis par Trump pour obtenir des prêts. La remise de ces documents par la banque renforce la gravité de la menace juridique qui pèse sur Trump, sa famille et son entreprise. La banque allemande lui a prêté, ainsi qu’à son entreprise, plus de 2 G$ au cours des deux dernières décennies.
Et la Russie là-dedans?
Je pense qu’il faut relier ces nouvelles révélations du Times à celles faites au début de l’année par le site spécialisé en criminalistique et en juricomptabilité Forensic News: une banque contrôlée par le gouvernement russe aurait déposé au moins un demi-milliard de dollars dans la filiale américaine de la Deutsche Bank au moment où la banque accordait à Trump des prêts qui font actuellement l'objet d'une enquête.
Forensic News rapporte que la Deutsche Bank a reconnu que la banque d'État russe Gazprombank avait transféré des sommes importantes dans une de ses filiales afin qu’elles soient remises «à certains entités, particuliers ou vendeurs dans des juridictions qui utilisent le dollar américain comme monnaie.» La Deutsche Bank a refusé de nommer les bénéficiaires de ces transactions.
Un lanceur d’alerte, nommé Val Broeksmit, a confié à Forensic News qu'il avait divulgué ces transactions financières douteuses au FBI après avoir trouvé un «rapport de violation» de la Deutsche Bank dans une cache de documents appartenant à son père, un cadre de la banque qui s’est suicidé au début 2014.
Après avoir été hébergé aux frais de l’État à la Maison-Blanche, la perspective de l’être dans une prison fédérale après sa défaite électorale angoisse Trump et renforce sa détermination de ne pas quitter la présidence quoi qu’il arrive.
Journal de Montréal
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