
Keiko Fujimori a été investie présidente du Pérou le 28 juillet 2026, marquant le retour du fujimorisme au pouvoir plus de vingt-cinq ans après la fin du mandat de son père Alberto Fujimori. Elle a remporté le second tour de l’élection présidentielle du 7 juin avec une avance extrêmement étroite, de moins de 50 000 voix, face à son rival de gauche Roberto Sanchez. Cette prise de fonctions ouvre un nouveau chapitre pour un pays marqué par une forte instabilité politique et confronté à plusieurs défis majeurs.
La lutte contre la criminalité a constitué le thème central de sa campagne. Le Pérou subit une forte hausse des extorsions et du crime organisé, alimentée par des bandes locales et étrangères. Keiko Fujimori a promis une approche ferme, inspirée de l’héritage sécuritaire de son père, avec des mesures telles que la militarisation de certaines rues et prisons. Cependant, son parti Fuerza Popular ne dispose pas de la majorité absolue au Congrès, ce qui l’oblige à former des alliances pour faire voter ses réformes et obtenir les moyens financiers nécessaires, dans un contexte de ressources limitées.
Sur le plan climatique, le phénomène El Niño s’annonce particulièrement intense. Début juillet, près de 800 municipalités avaient déjà été placées en état d’urgence. Environ un Péruvien sur trois est exposé à ses effets potentiels, notamment des pluies diluviennes, des glissements de terrain et des inondations sur la côte pacifique, dans un pays qui a longtemps sous-investi dans les infrastructures de prévention. Le nouveau gouvernement devra donc prioriser la coordination des secours et la gestion de crise.
Enfin, l’héritage familial reste un défi majeur. Keiko Fujimori, âgée de 51 ans, revendique ouvertement l’héritage de son père, décédé en 2024, notamment en matière d’ordre et de sécurité. Ce nom continue toutefois de diviser profondément le pays, une partie de la population se souvenant des dérives autoritaires, des violations des droits humains et de la corruption sous Alberto Fujimori. La réconciliation apparaît urgente : elle sera jugée sur ses actes concrets, notamment des gestes envers les régions du centre et du sud, plus pauvres et historiquement opposées au fujimorisme. Tout scandale de corruption ou abus de pouvoir risquerait de relancer l’instabilité politique qui a marqué les dernières années.
Ainsi, la nouvelle présidente hérite d’un Pérou polarisé, confronté à une crise sécuritaire aiguë et à des risques climatiques imminents, tout en portant un nom politique très chargé. Son mandat de cinq ans débutera sous une forte pression pour stabiliser le pays sans reproduire les erreurs du passé.
Magloire Kibau








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