
Pour le deuxième mois d’affilée, l’Ukraine grignote le terrain envahi par les Russes. Selon les analyses les plus récentes publiées début juin 2026, les forces ukrainiennes ont continué en mai à reprendre du territoire aux troupes russes, confirmant une tendance amorcée en avril. D’après les données de l’Institute for the Study of War (ISW) et d’autres sources indépendantes, l’Ukraine aurait libéré environ 282 km² au cours du mois de mai, réduisant ainsi pour le deuxième mois consécutif la zone de son territoire contrôlée par Moscou.
Ce renversement est significatif. En avril 2026, la Russie avait déjà subi une perte nette de territoire contrôlé (environ 116 km² selon l’ISW), une première depuis l’incursion ukrainienne dans la région russe de Koursk en août 2024. Ce retournement de tendance marque un ralentissement marqué de l’offensive russe, dont la vitesse d’avancée a considérablement diminué par rapport à 2025. Alors que les forces russes gagnaient en moyenne près de 10 km² par jour au début 2025, ce chiffre est tombé à environ 2,9 km² par jour au cours des premiers mois de 2026, avant de passer en territoire négatif.
Les avancées ukrainiennes sont particulièrement notables dans plusieurs secteurs clés. En Zaporijjia occidentale, les forces ukrainiennes ont repris plusieurs localités autour d’Orikhiv, dont Mala Tokmatchka et d’autres villages, stoppant net la progression russe vers cette zone stratégique. Des gains ont également été enregistrés dans la direction de Kupyansk, dans la zone de Kostyantynivka-Druzhkivka, ainsi que dans d’autres secteurs du front sud et est. Ces contre-attaques ukrainiennes s’appuient sur une combinaison de frappes à moyenne portée précises (drones et missiles), une meilleure coordination et une dégradation des communications et de la logistique russes, notamment après la restriction d’accès au système Starlink pour les troupes de Moscou.
Malgré ces succès territoriaux, les experts soulignent que les gains restent limités à l’échelle du conflit. La Russie continue d’occuper près de 20 % du territoire ukrainien et maintient une pression constante avec des assauts d’infanterie coûteux en vies humaines. Cependant, la capacité de l’Ukraine à reprendre l’initiative tactique dans plusieurs secteurs et à infliger des pertes importantes à l’envahisseur (plus de 35 000 soldats russes hors de combat en avril selon certaines estimations) change la dynamique du champ de bataille.
Ce grignotage progressif ukrainien intervient alors que la guerre entre dans son cinquième été. Il reflète une meilleure résilience ukrainienne grâce aux livraisons d’armes occidentales, à l’innovation technologique (drones FPV, guerre électronique) et à une stratégie de contre-offensive ciblée. Pour Moscou, ces reculs successifs constituent un revers symbolique et opérationnel, forçant l’armée russe à réaffecter des ressources pour défendre des positions récemment perdues plutôt que de poursuivre son offensive.
Bien que ces avancées ne remettent pas encore en cause l’équilibre global du front, elles démontrent que l’armée ukrainienne est capable non seulement de résister, mais aussi de reprendre progressivement l’initiative sur le terrain. La suite des opérations cet été sera déterminante pour savoir si cette dynamique positive peut être consolidée et amplifiée.
Nadine Kibau








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