Le camp du président kényan William Ruto est actuellement divisé sur le rôle de l'ancien président Uhuru Kenyatta en tant que facilitateur du processus de paix dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), dans le cadre du processus de Nairobi piloté par la Communauté de l'Afrique de l'Est (EAC).Uhuru Kenyatta a été nommé facilitateur par les chefs d'État de l'EAC en juillet 2022, avant même l'arrivée au pouvoir de William Ruto en septembre 2022.
Il continue d'occuper ce poste clé pour superviser les efforts de dialogue avec les groupes armés, promouvoir la paix dans la région des Grands Lacs et coordonner les initiatives face à la persistance du conflit, notamment impliquant le M23 et d'autres acteurs soutenus par des puissances régionales.Cependant, selon des informations récentes publiées fin février 2026, notamment par Africa Intelligence, des conseillers proches de William Ruto poussent activement pour que le président relève Uhuru Kenyatta de ses fonctions de facilitateur pour la paix en RDC. Ils estiment que ses missions diplomatiques et ses interventions irritent l'entourage présidentiel, risquent de compliquer les relations régionales – en particulier avec le Rwanda et la RDC – et pourraient même nuire à la position du Kenya sur la scène continentale.
Cette division s'inscrit dans un contexte plus large de relations déjà très tendues entre Ruto et son prédécesseur. Les rivalités politiques internes au Kenya, exacerbées par les perspectives des élections de 2027, se doublent d'accusations mutuelles et de divergences profondes sur la gestion du dossier congolais. Uhuru Kenyatta critiquerait notamment la position perçue de Nairobi comme trop favorable au M23 (soutenu par le Rwanda), tandis que l'entourage de Ruto voit dans les actions d'Uhuru un risque de débordement des querelles kenyanes sur les processus régionaux et continentaux, comme ceux de l'Union africaine (UA), de l'EAC ou du tandem Nairobi-Luanda.Des incidents diplomatiques récents ont aggravé la situation : un clash rapporté lors d'une réunion à huis clos à Addis-Abeba en février 2026, en présence du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, a nécessité des tentatives de médiation pour apaiser les tensions entre les deux hommes. Ces frictions internes menacent la coordination fragile indispensable aux processus de paix (Nairobi Process et Luanda Process), où une communication fluide entre les acteurs kényans est essentielle pour avancer sur le terrain.Cette division au sein du camp Ruto illustre à la fois des enjeux personnels et politiques au Kenya, mais aussi leur impact potentiel sur la diplomatie africaine et les efforts pour mettre fin à l'une des crises les plus graves du continent.
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