
La coalition d’opposition Lamuka a vivement réagi aux récentes déclarations de l’archevêque Evariste Ejiba Yamapia, président de l’Église du Réveil au Congo (ERC) et de la Plateforme des Confessions Religieuses, en l’accusant ouvertement de soutenir un troisième mandat du président Félix Tshisekedi. Dans une déclaration ferme, le porte-parole de Lamuka, Prince Epenge, a lancé : « L’Église ne doit pas devenir le soldat du 3ᵉ mandat. La mission première de l’Église est de sauver les âmes par la conversion et la vérité, et non de devenir le soldat au service du troisième mandat de Félix Tshisekedi ».
L’archevêque Ejiba Yamapia avait plaidé pour une refonte profonde, et non une simple révision, de la Constitution de 2006, annonçant la création d’une « Coalition citoyenne pour la nation » chargée de mobiliser la population en vue d’un référendum constitutionnel. Selon un sondage interne réalisé par son église, près de 80 % des personnes interrogées se déclareraient favorables à un changement de la loi fondamentale. Lamuka y voit une prise de position clairement politique en faveur d’un troisième mandat pour Félix Tshisekedi, dont le second mandat actuel prend fin en 2028, alors que la Constitution actuelle limite strictement le nombre de mandats présidentiels à deux. Le chef de l’État avait lui-même déclaré récemment qu’il accepterait un troisième mandat « si le peuple le souhaite » par voie référendaire. Cette polémique illustre la forte polarisation du débat constitutionnel en RDC, l’opposition accusant le pouvoir d’instrumentaliser certaines confessions religieuses et la société civile pour légitimer une modification de la Constitution qui lui permettrait de se maintenir au pouvoir.
De son côté, l’archevêque Ejiba Yamapia insiste sur la nécessité d’adapter la loi fondamentale aux défis actuels du pays en matière de sécurité, de développement et de cohésion nationale, appelant à un débat inclusif qui dépasse les clivages partisans. Ce bras de fer intervient dans un contexte politique tendu marqué par la crise sécuritaire persistante à l’est du pays, alors que l’Église catholique et plusieurs autres confessions restent plus réservées sur une éventuelle révision constitutionnelle.
Magloire Kibau








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