En République démocratique du Congo, quelques heures avant une réunion liée au lancement du dialogue national inclusif, les principaux leaders de la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) avaient été reçus, à leur demande, par le cardinal Fridolin Ambongo Besungu, archevêque de Kinshasa et figure centrale de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).
La C64, plateforme d’opposition lancée le 19 mai 2026, regroupe notamment Martin Fayulu (ECiDé), Jean-Marc Kabund (Alliance pour le Changement), Moïse Katumbi (Ensemble pour la République), Augustin Matata Ponyo (LGD) et Delly Sesanga (Envol). Elle s’oppose fermement à toute révision ou modification de la Constitution de 2006 qui pourrait permettre un troisième mandat au président Félix Tshisekedi ou un report des élections prévues pour 2028, en s’appuyant notamment sur l’article 64 de la Loi fondamentale.
Le 17 juillet 2026, le président Tshisekedi avait rencontré les principales confessions religieuses et annoncé sa volonté d’organiser un « dialogue national inclusif, pacifique et républicain ». Dès le lendemain, la CENCO et l’Église du Christ au Congo (ECC) ont engagé une série de consultations avec des acteurs politiques et de la société civile. C’est dans ce cadre que les leaders de la C64 ont été reçus par le cardinal Ambongo, avant que ne se tienne la première rencontre élargie réunissant médiateurs religieux et opposants sous sa direction.
En réponse à l’appel lancé par le cardinal Ambongo et le révérend André Bokundoa, président de l’ECC, la C64 a annoncé le 20 juillet le report de sa marche pacifique initialement prévue le 22 juillet devant le Palais de la Nation, qui visait notamment à exiger la démission du chef de l’État pour « trahison de son serment constitutionnel ». La coalition a présenté cette décision comme un « geste de responsabilité » destiné à donner une véritable chance au dialogue. Elle a toutefois assorti ce report d’un ultimatum : si le dialogue national inclusif n’est pas officiellement convoqué au plus tard le 15 août 2026, ou si les engagements annoncés restent sans suite concrète, elle se réserve le droit de reprendre les actions citoyennes pacifiques.
Cette médiation des Églises intervient dans un climat de fortes tensions politiques, marquées par le débat sur la réforme constitutionnelle, l’insécurité persistante dans l’Est du pays et les critiques sur la gouvernance. Si certains secteurs de l’opposition ont regretté le report de la mobilisation, d’autres y ont vu une preuve de maturité contribuant à la décrispation.
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