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POLITIQUE

L'actualité Politique de la semaine en RDC

Samih Jammal, Vital Kamerhe Lwa Kanyingini et Jeannot Muhima se sont présentés, il y a une semaine, devant les juges du Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe siégeant en chambre foraine à la Prison centrale de Makala. Ils devaient s’expliquer sur la magouille ayant entouré le marché des maisons préfabriquées attribué aux sociétés Samibo Sarl et Husmal Sarl, toutes deux appartenant à l’homme d’affaires libanais Samih Jammal.

            L’audience a été de courte durée parce que consacrée uniquement à l’identification des prévenus, au rappel des infractions retenues à charge de chacun, aux préoccupations des parties au procès et, enfin, à une furtive incursion dans les relations pouvant exister entre les accusés.

            De cette audience, on retiendra le reniement réciproque de Jammal et VK, qui ont affirmé ne pas se connaître et ne s’être jamais rencontrés. Cette réponse à une question qui paraissait anodine aux yeux de certains, risque de se révéler comme l’acte fondateur de l’affaire des maisons préfabriquées, parce qu’elle a toutes les chances de peser sur la suite des événements et particulièrement sur le comportement des prévenus lors des audiences futures.

            Devant les juges, quand on a fait une déclaration sur l’honneur, on ne peut plus s’en éloigner sous peine de tomber dans le parjure. Sous les yeux de tous, le greffier a acté que Jammal et VK ne se connaissent ni d’Adam ni d’Eve, et qu’ils ne se sont jamais rencontrés. Il faut espérer, pour les prévenus, que cette réponse est sincère et que l’évolution du dossier ne va pas démontrer le contraire.

            Une semaine après cette première audience concernant la gestion des Travaux de 100 jours, le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe ouvre un second dossier judiciaire ce matin. Il s’agit de l’affaire des sauts-de-mouton qui ont tant cristallisé la colère populaire à Kinshasa et joué en quelque sorte le rôle de lanceur d’alerte en direction du Président de la République. C’est grâce à cette alerte que ce dernier est descendu sur le terrain pour se rendre compte que les rapports qu’il recevait étaient truffés de mensonges. Les chantiers étaient en effet à l’arrêt et il n’y avait pas d’explication plausible pour justifier la situation.    

            Constat amer. Après avoir été sur les Boulevards Lumumba, du 30 Juin et l’avenue ex-24 Novembre, le Président de la République a demandé au gouvernement de mener des enquêtes sur la gestion des Travaux de 100 jours aussi bien à Kinshasa qu’en provinces. Plusieurs responsables ont été entendus par la Justice et certains ont même été arrêtés. Curieusement, depuis ces arrestations, plusieurs chantiers ont repris leurs activités, à telle enseigne qu’une boutade aujourd’hui en vogue veut que la population préfère désormais le maintien des personnes chargées de la réalisation du Programme de 100 jours en prison parce que c’est le seul moyen d’obtenir que les travaux soient exécutés.

            S’agissant des sauts- de-moutons, le directeur général de la société Safricas, David Blattner, qui a séjourné à la prison centrale de Makala pendant quelque temps pour non-respect des dispositions contractuelles le liant à la République Démocratique du Congo, en est sorti après signature d’un acte d’engagement au terme duquel son entreprise promet de mener les travaux à bon port d’ici la fin du mois de juin.

            A ce stade, on peut dire qu’il est sur la bonne voie parce que depuis sa sortie de prison, les travaux ont pris leur vitesse de croisière aussi bien sur le boulevard du 30 Juin que Lumumba. L’espoir de tous est qu’aucun relâchement ne vienne contrarier les efforts engagés.

            Mais en attendant la réalisation totale de sa promesse, M.Blattner continue d’intéresser la Justice congolaise qui va du reste l’entendre ce jour sous RMP 1504/PG.023/a/2020/LUK.

            Griefs. Le principal grief retenu à charge du directeur général de Safricas est « d’avoir, étant une personne chargée d’un service public, détourné des deniers publics, des effets en tenant lieu, des pièces, titres, actes, effets mobiliers qui étaient entre ses mains, soit en vertu, soit en raison de sa charge ».

           De manière précise, le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe le poursuit pour avoir détourné respectivement les acomptes de 1.272.135,28 dollars américains, 1.394.201,08 dollars américains,1.397.449,88 dollars américains et 1.397.449,88 dollars américains, tous perçus le 03 mai 2019 respectivement pour la construction d’un saut-de-mouton au carrefour de Socimat, un saut-de-mouton au carrefour des Avenues de Libération et Sergent Moke (ex-rond-point Mandela) à Kinshasa/Gombe, un saut-de-mouton au carrefour des avenues Kasa-Vubu et Triomphal à Kinshasa, et enfin un saut-de-mouton au carrefour du rond-point UPN à Kinshasa/Ngaliema.

            Tous ces marchés sont couverts par des contrats dûment signés avec l’Office des Voiries et Drainage, engageant le Ministère des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction.

            Pour l’organe de la loi, les faits reprochés au directeur général de Safricas sont prévus et punis par l’article 145 du Code Pénal Livre II tel que modifié par la loi numéro 73/017 du 05 janvier 1973.

Wenga. Le Directeur Général de l’Office des Voiries et Drainage, Monsieur Wenga, séjourne à la Prison centrale de Makala depuis plusieurs semaines. Lié au dossier des sauts-de-mouton pour avoir accordé les quatre marchés à Safricas, il devrait normalement être partie au procès en vue d’éclairer la religion du tribunal. Mais le fait pour lui de se trouver en détention à la Prison centrale de Makala donne à penser que tout n’a pas été dit dans ce dossier.

Affaire à suivre.

L.P.

 

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